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et bien écrite, qui sert de frontispice à l’ouvrage, et qui en dé-core l’entrée. L’abbé d’Olivet avait d’abord entrepris cette édi*tion à la sollicitation de la cour d’Angleterre ; on eut honte à lacour de France de laisser aux étrangers l’honneur de récom-penser son travail, et il dut à cette émulation nationale ouministérielle une pension de i 5 oo livres qu’il eut sur la cas-sette ; prix modique de ses peines, mais qui suffisait à ses désirs,et qui n’était à ses yeux qu’une marque précieuse et chère dela satisfaction de sou souverain. Il est vrai qu’il jouissait d’ail-leurs d’une aisance honnête pour un savant livré à la retraite età l’étude ; mais combien d’hommes plus opulens que lui n’enont pas été moins avides? Les distributeurs des grâces, auprèsdesquels son mérite lui donnait accès , étaient étonnés de le voirsans cesse demander pour les autres et jamais pour lui. Il vivaitavec cette économie et cette simplicité si ordinaire et si naturelleà ceux qui cultivent les lettres; économie que l’on a injustementtaxée d’avarice dans quelques écrivains célèbres , à qui leurfortune semblait permettre un état plus fastueux ; heureux ,quoiqu’on en dise, d’avoir été assez sages pour trouver dans letravail leurs plaisirs les plus chers , et d’avoir ignoré ces besoinsfactices , si tristement nécessaires à tant d’hommes dont l’âmeet la tête sont également vides (6).
L’abbé d’Olivet n’était encore connu que par une de ses tra-ductions , lorsqu’il fut reçu dans l’Académie Française. Cettecompagnie crut lui devoir tenir compte de ses premiers travaux,de sa modestie , et des suffrages qu’il avait obtenus dans un genred’écrire où les succès, encore si rares de nos jours, l’étaient alorsbien davantage. Il fut élu , quoiqu’absent, dans le temps qu’ilétait allé rendre les derniers devoirs à son père : l’Académie , enle dispensant de solliciter les suffrages que ses travaux sollici-taient assez, fit en cette occasion ce qu’elle devrait toujoursfaire ; les lettres et la compagnie y gagneraient : mais l’intrigueet le crédit, ces deux ressources de la médiocrité , rendront nosvœux inutiles.
Comme les traductions publiées par l’abbé d’Olivet, soit avant,soit après son entrée dans cette compagnie , étaient de très-bonsmodèles pour la pureté de la langue française, il pouvait se flat-ter d’avoir suffisamment rempli par ce travail le devoir d’acadé-micien , même avant que d’en avoir le titre ; il crut cependantque sa nouvelle qualité l’obligeait à faire quelque chose de pluspour une langue qui lui était chère , et qu’il n’avait pas eu, âl’exemple de tant d’érudits , l’injustice et l’ineptie de négligerpour apprendre trcs-imparfaitement les langues anciennes. Ildonna son traité de la Prosodie française, qu’on peut regarder