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Tome troisième.
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D’OLIVET. 629

comme étant à la fois l’apologie et l’éloge de notre langue.L’auteur se propose de développer dans cet ouvrage toutes nosrichesses et nos ressources quant à la prosodie ; il tâche surtoutde prouver, ce qui ne paraît pas facile , que nous n’avons à cetégard rien ou presque rien à envier aux Grecs et aux Latins, etque presque toutes nos syllabes ont une mesure déterminée. Onne peut dissimuler que l’abbé d’Olivet, qui était né loin de lacapitale , et qui n’y était pas venu d’assez bonne heure, s’esttrompé sur la quantité de quelques syllabes qu’il prononçait à lamanière de sa province. Mais on doit en même temps rendrejustice à son travail, le plus détaillé et le plus utile qui eût en-core paru sur cette matière. Il le serait parfaitement à touségards, si quelque homme de lettres , bien versé dans notreprosodie, entreprenait de donner une édition de ce livre, avecdes remarques où il corrigerait les méprises très-excusables quisont échappées à l’auteur , et suppléerait les omissions presqueinévitables qu’il a faites. On procurerait à la littérature plusd’avantages en rajeunissant de la sorte les ouvrages vraimentutiles, par des éditions revues avec soin, corrigées avec intelli-gence , augmentées quelquefois avec goût, et souvent élaguéesavec plus de goût encore , qu’en redonnant vingt fois au public,dans des ouvrages qu’on appelle nouveaux, le bien dont il étaitdéjà en possession , et en multipliant les livres, sans multiplierl’instruction ni les lumières (7).

Au traité de la Prosodie française, l’abbé d’Olivet fit suc-céder des Remarques de grammaire sur Racine. Quoique pleind’une juste admiration pour ce grand poète, il jugea utile demarquer les fautes légères qu’il croyait lui être échappées dansses ouvrages. On reproche néanmoins au censeur d’avoir pousséla sévérité trop loin , et d’avoir plus jugé Racine en grammai-rien qu’en poète ; les remarques déplurent surtout à un satiriqueplus fameux que célèbre , et plus caustique que juste, qui, àchaque ennemi qu’il se faisait toutes les semaines par ses feuillespériodiques, croyait avoir fait une nouvelle conquête. L’abbéDesfontaines, puisqu’il faut l’appeler par son nom, attaqua lesobservations sur Racine , par un ouvrage qu'il intitula Racinevengé; titre d’autant plus impropre, que l’abbé d’Olivet étaitbien éloigné d’avoir voulu par ses remarques porter la moindreatteinte à la gloire de ce grand poète ; il l’avait au contrairechoisi comme le modèle le plus parfait de la pureté grammati-cale , comme un écrivain digne d’être étudié et médité par tousceux qui veulent s’instruire à fond de notre langue. Il n’est pasétonnant, il était même presque indispensable que celui de tousnos auteurs qui a le plus enrichi la langue française , qui a le