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Tome troisième.
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Mo ELOGE

mieux vu ce que le génie de celte langue pouvait interdire oupermettre, qui a su le plus heureusement et le plus hardiement tout à la fois marier ensemble tant d’expressions , dontl’alliage était une entreprise délicate et dangereuse , payât,dans un petit nombre de négligences ou de méprises , le tribut àla condition humaine ; il était donc nécessaire , en marquantces légères taches, de rendre la lecture de ce poète inimitable ,aussi utile qu’elle pouvait l’être aux jeunes auteurs, qui ne sau-raient trop étudier Racine , si la nature les a faits pour le rem-placer un jour ou même pour en approcher. Nous n’examineronspoint si quelques unes des fautes ou des licences que l’abbéd’Olivet remarque dans Racine, sont permises en poésie, oumeme y sont des beautés ; mais il est au moins certain quepresque toutes les incorrections que notre scrupuleux gram-mairien croit apercevoir dans ce grand poète , doivent êtreévitées dans une prose sévère, et que la plupart de ces incor-rections , nonobstant même les beautés qui en résultent, n’ontpeut-être pas de sauve-garde plus assurée contre le peuple descritiques , que l’autorité qu’elles tirent du nom respecté deRacine. L’ouvrage de l’abbé d’Olivet, étudié et médité danscet esprit, sera de la plus grande instruction pour les prosateurset pour les poètes ; il leur apprendra ce qu’ils doivent proscrireou adopter dans les autres écrivains ; il les éclairera sur le ca-ractère de notre langue, sur ses entraves et ses ressources,sa richesse et son indigence , la sagesse de ses lois et la sin-gularité de ses bizarreries. Ce serait un travail facile , maisdigne d’un poète homme de goût, de marquer avec soin, dansles pièces de Racine, toutes les expressions nouvelles et hardiesqu’il s’est permises , et de les réunir dans un même recueil,aussi précieux pour la langue qu’intéressant pour les gens delettres. Us ne pourraient, en lisant ce recueil , se refuser à uneréflexion bien naturelle ; c’est que s’il avait existé du temps deRacine quelqu’un de ces Cerbères de la littérature qui, trois ouquatre fois le mois, déchirent à tort et à travers les ouvrages desautres , il n’eût pas manqué de tourner ces expressions en ridi-cule et d’appeler leur auteur un poète gothique et barbare, abu-sant des libertés de la poésie pour se faire une langue qui neserait jamais parlée que de lui seul. Une pareille critique auraitfourni la plus douce pâture à ce même abbé Desfontaines, quidéfendait Racine mort, et qui l’aurait déchiré vivant. Il faisaitun crime à l’abbé d’Olivet de n’avoir pas témoigné assez de respectpour un grand homme, que soixante ans plus tôt ce prétendu ven-geur eût vilipendé sans pudeur et sans égards. Aussi notre aca-démicien , bien tranquille sur l’utilité de son ouvrage , sur la