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Tome troisième.
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63a ÉLOGE

d’une fois entendu notre académicien en faire une applicationpeu flatteuse aux dignes successeurs de ce forban littéraire , quise sont ignominieusement traînés sur ses traces, et qui, pleinsdu même fiel que lui, n’ont pas même eu comme lui l’art fa-cile et méprisable de le préparer et de le répandre.

Nous sommes pourtant fâchés que l’abbé d’Olivet ait un peugâté la réponse, de très-bon goût, qu’il a faite à son censeur,par une épigramme latine qui n’est pas tout-à-fait du mêmegenre ; épigramme faite pour le temps des Scioppius et desSaumaise ( 8 ).

Ce léger écart où se laissa entraîner en ce moment un écrivaintel que l’abbé d’Olivet, mesuré dans ses écrits , et accrédité parla sagesse de sa conduite , ést une leçon utile pour nos auteurs;ils apprendront, par cet exemple, que quand on fait à des satiresl’honneur d’y répondre , ce doit être avec le sel et la gaieté deLa Motte 1 , et non avec le fiel et la fange de Scaliger ; supposénéanmoins qu’il ne vaille pas mieux encore y opposer le mépriset le silence de Fontenelle , plus fait pour humilier l’envie queles représailles les plus sanglantes et les mieux méritées. Il n’ya peut-être qu’un exemple de conduite encore plus estimable ;c’est celui d’un autre philosophe qui, outragé par un satirique ,lui répondit par une épigramme ingénieuse et sanglante , et lalui envoya en l’assurant qu’elle ne serait vue de personne : l’of-fensé voulait prouver à l’agresseur, par cette vengeance si noble,qu’au talent de faire des satires, il joignait le mérite d’en dé-daigner l’usage.

L’abbé d’Olivet était si éloigné de vouloir déprimer Racine eny cherchant des fautes, qu’il a même défendu de son mieux,dans ces Remarques tant critiquées, une des fautes principalesque de sévères critiques ont reprochée à ce grand poète, le récitde Théramèue dans la tragédie de Phèdre. Il est vrai que l’apo-logiste de ce récit aurait pu le mieux justifier; car il s’attachepresque uniquement à faire voir que l’expression de Théramène,

Le flot qui l’apporta recule épouvante 1 ,

est très-poétique et très-belle , ce qui n’est pas l’état de la ques-tion , et même est un des objets de la critique : mais la faiblesseseule de la défense, jointe au ton de bonne foi qu’on y remarque,suffirait pour prouver le zèle du défenseur ( 9 ). Il s’est montré ad-mirateur si vrai de Racine , même en ne plaidant pas assez bienpour lui, qu’il serait encore moins absurde , quoique toujourstrès-injuste , de le regarder comme un enthousiaste peu éclairé

' Voyez l’éloge (le cet académicien , et sa réponse aux invectives de ma-dame Dacicr.