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Tome troisième.
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d’OIivet de n’avoir pas , dans son Histoire de l’Académie , rendu-nne justice suffisante à La Bruyère et à Quinault. Il reproche aupremier, à qui d’ailleurs il donne de justes louanges, un styleentortillé et guindé , qui n’est certainement pas sans défaut, etque le censeur panégyriste a confondu avec le style énergiqueet original qui fait le caractère du Théophraste moderne. L’abbéd’Olivet ne paraît pas non plus avoir assez senti le prix et lecharme de la sensibilité exquise qui respire dans les vers deQuinault ; il lui accorde seulement le mérite d’avoir fait desvers propres pour le chant ; mérite auquel notre académicien neparaît pas avoir attaché beaucoup d’estime , si l’on en juge par lamanière sobre et mesquine dont il l’apprécie. Mais Despréauxavait critiqué Quinault et La Bruyère; et les décisions de Des-préaux semblaient à l’abbé d’Olivet des arrêts sans appel. Il étaitpour ce grand poète ce que ce grand poète était pour les anciens;et dans son Histoire de VAcadémie , il aurait écrit volontiers enplus d’un endroit, le maître l’a dit. Soyons cependant équi-tables , et convenons que si Despréaux , comme critique, étaitl’objet de son dévouement et de son culte , il ne l’était pas autantcomme satirique. Le cœur de l’abbé d’Olivet, naturellementbon, quoiqu’en apparence peu sensible, a exprimé sa louabledélicatesse sur ce point dans l’article du malheureux abbé Cas-sagne, à qui les traits envenimés de Despréaux dérangèrent latête et coûtèrent la vie à la fleur de son âge. Triste fruit de lasatire , s’écrie l’honnête historien , et qui devait bien rendreamer pour l’auteur lui-même, le plaisir quelle pouvait d’ailleurslui donner !

La sévérité, et si on l’ose dire , la roideur et l’âpreté de goûtque notre académicien portait dans ses ouvrages , le rendaienttrès-difficile sur ceux des autres. De toutes nos productions mo-dernes , à peine y en avait-il quelques unes qui eussent le bon-heur de lui plaire, d’obtenir même son indulgence. Attachéavec superstition aux anciennes maximes , il s’élevait par uneespèce d’ostracisme contre toute innovation littéraire , soit dansles principes, soit dans les ouvrages; il ressemblait à ces vieuxofficiers , qui , accoutumés aux anciennes manœuvres de leurtroupe, et croyant qu’on ne peut gagner de batailles que par cesmanœuvres , s’écrient que tout est perdu , s’ils voient fairequelque changement à l’exercice militaire.

Quoique ses études fussent principalement tournées vers desobjets de littérature sérieuse et presque aride, il se délassaitquelquefois par des occupations plus légères et plus agréables.\ous avons dit qu’il avait renoncé de bonne heure à la poésiefrançaise ; mais il ne renonça jamais absolument à la versifies-