D’OLIVET.
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N O T E S.
(i) Voici de quelle manière S. Ignace s'explique sur ce sujet dans sesConstitutions. Quoniam occupationes, quœ ad animarum auxilium as-
sumuntur , magni momenti sunt, ac nos tri instituli propriœ . non
utenlur nostri choro ad horas canonicas, vel missas et alia officia de-cantanda ; quando quidern illis, quos ad ea audienda devotio moverit,abundè suppetat, utsibi ipsis satisfaciant. Per nostros autemea trac-tari convenit, quœ nostrœ vocalionis ad Dei gloriam magis sunt pro-pria. ( « Les occupations nécessaires pour procurer le salut des âmes ,» étant très-importantes et propres à notre institut.... les nôtres ne» feront point usage du chœur pour chanter les heures canoniales , la» messe ou d’autres offices ; ceux qui auront la dévotion de les entendre,» trouveront abondamment ailleurs de quoi se satisfaire. Quant aux» nôtres , ils doivent s’occuper des travaux les plus propres à remplir» notre vocation, qui a pour objet la gloire de Dieu. » ) Le saint institu-teur de la société permet cependant de chanter vêpres avant le sermon ,si cela peut contribuer à rendre le sermon plus utile. Quelques congré-gations ont autorisé le général à permettre le chant pour certaines fêteset en certaines circonstances, mais il ne peut prescrire la psalmodiequotidienne. La congrégation des rites ne peut même rien ordonner auxjésuites en cette matière , parce qu’elle ne peut aller contre les bulles dePaul III, de Jules III et de Grégoire XIII, qui ôtent à ces pères le choeuret le chant. Le P. Oudin , jésuite , de qui nous tenons ces particulari-tés ’, assure avoir lu ce qui suit dans un manuscrit latin d’un ancien jé-suite français, qui avait vécu avec S. Ignace. «Quand les mendians ,» disait le fondateur de cette compagnie célèbre, les moines et les autres» religieux ont abandonné les fonctions laborieuses de leur institut, on» ne s’est pas aperçu qu’ils étaient inutiles et onéreux au public, parce» qu’on les a vus chanter au chœur à l'ordinaire. Je ne veux pas que» la compagnie ait cette ressource contre le mépris du public, s’il lui» arrive de quitter la route que je lui trace ; je veux qu’on ne puisse alors» se dispenser de la détruire comme absolument inutile et hors d’état» de chanter même un Gloria Patri. » Ce n’est pas lout-à-fait commeinutiles qu’on a détruit les jésuites en France , en Espagne, et enfin danstoute l’Eglise chrétienne , ou plutôt catholique , car ces prétoriens oujanissaires du saint-siège , devenus odieux au saint-siège même , etproscrits par lui avec opprobre , ont eu le bonheur de trouver asilechez un grand prince protestant, qu’ils avaient jusque-là fort décrié , etqui leur a fait éprouver tous les avantages de cette tolérance dont ilsétaient si grands ennemis. En les expulsant de partout ailleurs , on neleur a pas reproché de n’avoir été bons à rien, mais plutôt d’avoir
1 Voyez les Mélanges historiques et philologiques île M. MichauU, deDijon , t. a, p. 383 et suiv.