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Tome troisième.
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64o NOTES SUR L’ÉLOGE

trop cherché à se rendre nécessaires ; espèce de crime bien plus àcraindre de la part d’une société religieuse, que le vice obscur et paisiblede l’inutilité. Pour éviter d’être méprisable, il ne faut pas qu’elle serende dangereuse.

(2) Les pièces de cette négociation sont contenues dans les trois lettresoriginales suivantes.

Lettre du R. P. Le Tellier, confesseur du roi, au P. Thoullier, jé-suite , au collège de Louis-le-Grand.

« PAIX EN J. C.

» D’autres jésuites que vous, mon révérend père, m’ont dit aussi que» M. Despréaux désavouait les vers que l’on faisait courir sous son nom» contre nous. Mais ces discours, tenus en particulier, n’empêchent» point que le public ne continue à les lui attribuer ; et nos ennemis ,» qui répandent ces vers avec empressement, lui en font honneur dans» le monde. Ce n’est point nous qu’il est besoin de détromper, soit» parce que M. Despréaux n’a point d’intérêt de ménager les jésuites ,» soit qu’ils croient qu’une telle pièce est plus capable de lui faire tort» qu’à eux dans l’esprit des honnêtes gens ; c’est le public et le roi qu’il» a intérêt de détromper, et il sait bien les moyens de le faire quand» il voudra, s’il croit qu’il y aille de son honneur. S’il ne le faisait pas, il» donnerait lieu à ceux qui ne l’aiment point, de dire qu’il a bien voulu» avoir auprès de nos ennemis le mérite d’avoir fait ces vers-là, sans» avoir auprès de nous la témérité de les avoir faits. Je suis de tout mon» cœur, mon cher père , votre, etc. »

Lettre du P. Thoullier , jésuite , à M. Boileau Despréaux.

« Je vous ai promis , monsieur, de vous apprendre ce qui se passerait» à l’occasion des vers qui courent à Paris sous votre nom. Ils ont été» montrés au R. P. Le Tellier ; et aussitôt que j’en ai été averti, je lui» ai écrit que, non content de les désavouer, vous m’aviez fait paraître» une estime très-sincère pour notre compagnie , et toute la vivacité» imaginable contre l’imposteur qui a emprunté votre nom pour nous» insulter. Voici à quoi se réduit la réponse qu’il m’a faite , et dans' les» propres termes qu’il emploie. Ce n’est point nous, c’est le public et» le roi même qu'il a intérêt de détromper, et il sait bien les moyens» de le faire quand il voudra. Ces discours , tenus en particulier, n’em-» pèchent point que le public ne contribue à lui attribuer ces vers ; et» nos ennemis, qui les répandent avec empressement, lui en font» honneur dans le monde. J’ai cru , monsieur, vous devoir fidèlement» rapporter ce qu’il y a d’essentiel dans cette lettre du P. Le Tellier,» pour vous marquer en même temps mon zèle et ma sincérité. J’irai» demain à Versailles pour une alTaire qui ne m’y retiendra qu’une» heure ou deux ; je lui répéterai plus au long ce que je lui ai écrit. Vous