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Tome troisième.
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D’OLI VET. 64i

» savez que les ignorans et nos ennemis ne sont pas en petit nombre :

» les uns croient que vous avez fait les vers dont il s’agit, et les autres vou-» draient le persuader. Jugeriez-vous à propos de faire sur ce sujet» quelque lettre ou quelque chose de semblable, qu’on pût rendre pu-» blic, si ces sortes de bruits continuent ? Au reste, cet expédient» vient de moi seul, et je vous le propose sans façon, parce que je» m’imagine que la droiture de mon intention excuse la liberté que je» prends. Qu’on vous attribue de mauvaises pièces , et que les jésuites» soient attaqués et calomniés , en tout cela il n’y a rien de nouveau.

» Mais il est fâcheux et pour vous et pour les jésuites , qu'on emploie» hautement votre nom pour flétrir avec plus de succès un corps ona votre mérite est si bien reconnu, et où vous avez toujours eu tant» d’amis. Je fais gloire d’en augmenter le nombre ; et je suis avec un» parfait dévouement, monsieur, votre , etc. a

Réponse de M. Boileau Despréaux au R. P. Thoullier.

« Je vous avoue, mon très-révérend père, que je suis fort scandaliséa qu’il me faille une attestation par écrit pour désabuser le public, eta surtout d’aussi bons connaisseurs îjue les révérends pères jésuites ,a que j’ai fait un ouvrage aussi impertinent que la fade épître en vers» dont vous me parlez. Je m’en vais pourtant vous donner cette attes-» tation, puisque vous le voulez, dans ce billet, où je vous déclarea qu’il ne s’est jamais rien fait de plus mauvais, ni de plus sottement» injurieux que cette grossière boutade de quelque cuistre de l’Univer-» sité ; et que si je l’avais faite, je me mettrais moi-même au-dessous des» Coras , des Pelletier et des Cotin. J'ajouterai à cette déclaration, que» je n’aurai aucune estime pour ceux qui, ayant lu mes ouvrages , ont» pu me soupçonner d’avoir fait cette puérile pièce, fussent-ils jésuites.» Je vous en dirais bien davantage , si je n’étais pas malade , et si j’en» avais la permission de mon médecin. Je vous donne le bonjour, et suis» parfaitement, mon révérend père , votre, etc. »

A ces trois lettres , nous ajouterons ce fragment d’une autre lettre deDespréaux au P. Thoullier. « Aimez-moi toujours , mon illustre père ,» et croyez que je ne perdrai jamais la mémoire du service considérable» que vous m’avez rendu en contribuant si bien à détromper les hommes» de l'horrible affront qu’on me voulait faire , en m’attribuant le plus» plat et le plus monstrueux libelle qui ait jamais été fait. » Cette satire,que l’éditeur des lettres de Brossette nous a conservée, est, à la vérité,un mauvais ouvrage dont Despréaux était incapable ; mais de l'appelerle plus pial et le plus monstrueux libelle qui ait jamais été fait , et del’attribuer, sans preuve, à quelque cuistre de l’Université , semble d'unpoète pusillanime, qui a voulu faire sa cour à ces jésuites qu'il aimaitsi peu, et la leur faire aux dépens d’autrui. Il eût été digne de Despréauxde se justifier avec moins d’aigreur et plus de noblesse.

(3) On sait que chez les jésuites, les derniers vœux ne se faisaientqu'à trente-trois ans, âge où l’on prétend que Jésus-Christ a été mis