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Tome troisième.
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G42 NOTES SUE L’ÉLOGE

en croix , et que ces pères avaient pris pour s'attacher à la leur. Si lechoix de cet âge pour la profession semble inspiré par une dévotion unpeu minutieuse , au moins est-il très-sage d’avoir reculé jusqu’à un âgesi mur des engagemens sacrés et redoutables, qui, dans les autresordres, se prennent au sortir de l’enfance, et qui souvent y ont produittant de scandales et de repentirs. On ne peut trop s’étonner que lesmagistrats n’aient pas fait revivre l’ancienne loi qui défendait les vœuxmonastiques avant vingt-cinq ans, loi qu’un cruel abus avait commeabolie en tolérant les vœux à seize, et qu’une superstition, plus dignedu douzième siècle que du dix-huitième, a fait restreindre de nos joursà vingt ans , malgré la réclamation de tous les citoyens sages , et memede plusieurs prélats aussi pieux qu’éclairés. (Voyez les notes sur l’articlede Segrais, et sur celui de l’abbé de Saint-Pierre. )

(4) On ne sera peut-être pas fâché de trouver ici la conversation dePétrarque sur Philippe de Valois, avec Robert, roi de Naples, qui,bien différent, à tous égards , du roi de France , aimait véritablementles lettres , les honorait , les cultivait même autant que le pouvait faireun prince , et un prince du quatorzième siècle. Il avait attiré Pétrarqueà sa cour, et se plaisait à converser avec lui. Il demanda un jour au poètes’il n’avait jamais été à la cour de Philippe de Valois : «Je n’en ai même» jamais été tenté , répondit Pétrarque. — Et pourquoi cela , dit Ro-» bert ? — C’est , dit Pétrarque , parce qu’il me semble qu’un homme» comme moi ne peut être qu’un personnage inutile et importun pour» un roi ignorant. J’aime mieux vivre dans une honnête médiocrité,

» que d’aller traîner mon corps dans un pays où personne ne parle ma

» langue_— II m’est revenu, dit le roi, que le fils de Philippe

» aime assez l'étude_— Je l’ai ouï dire aussi, répondit Pétrarque,

» mais cela ne plaît pas au roi son père ; on prétend même qu’il re-» garde comme ses ennemis les précepteurs de son fils— —» Robertfut indigné , et après un moment de silence : « Pour moi, dit-il , je» jure que les lettres me sont plus chères que ma couronne ; et s’il fal-» lait renoncer à l’un ou à l’autre, j’arracherais bien vite mon diadème. »

Peu de souverains, même de nos jours, en diraient autant, et bienmoins encore l’exécuteraient. Il en est pourtant un , que nos lecteursnommeront d’eux-mêmes, et qui, recevant d’un philosophe les élogesdus à ses victoires, lui dit pour toute réponse : N’aimeriez-vous pasmieux avoir fait AÜialie ?

(5) Nous rapporterons ici le passage entier et curieux de l’abbé d’O-livet, sur la manière de traduire de l’académicien Dubois. «Oserai-je,a dit-il, pour donner une idée de son style, rapporter ce qu’une» dame, qui a du goût, et qui se nourrit de bonnes lectures, m’a fait» penser sur ce sujet ? Elle me demanda comment il se pouvait faire» que S. Augustin et Cicéron , deux auteurs qui ont écrit sur des ma-» tières si différentes, cl qui Ont vécu en des temps si éloignés Pmi .de» l’autre, eussent un style tout-à-fait semblable. Je lui demandai à