D’OLIVET. 647
peut-être du flot qui recule épouvanté , image empruntée de Virgile(Refluilque exterritus amnis. Eneid. lib. VIII), et trop épique pourune tragédie. A ces cinq ou six vers près , le récit de Théramène estnécessaire , intéressant, et plein de l'expression la plus naturelle et laplus vraie. Voilà ce que l’abbé d'Olivet aurait pu dire pour justifier so-lidement ce beau récit.
(10) L’Académie Française, dans une des années dernières, a em-ployé un grand nombre de séances à discuter à fond cette questiondes participes. La matière y a été comme épuisée , et le résultat dutravail de la compagnie sur cet objet, mériterait qu'elle en fit part aupublic. Le principe sur les participes déclinables est clair et sans diffi-culté ; qu’il faut conjuguer le participe toutes les fois seulement qu’ilest précédé d’un régime simple , répondant à l’accusatif des Latins.Mais, dans le détail, il n’est pas toujours aisé de savoir, i°. quandle régime est simple ou composé ; 2°. quand le régime se rapporte auparticipe, ou au verbe dont le participe est quelquefois suivi ; 3 °. quandil peut être indifférent de décliner ou de ne pas décliner le participe.Toutes ces questions , pour être développées et résolues, exigeraient undétail que la nature de cet ouvrage ne comporte pas, mais qui pour-rait former un supplément utile aux excellentes observations que Ducloset d’Olivet nous ont laissées sur cette matière.
(n) Nous avons parlé, dans l’article du président Bouhier, des obli-gations que lui avait notre académicien, et qu’il faisait gloire d’avouer.Il a déclaré de même , quand l’occasion s’en est présentée, ce qu’il de-vait au P. Oudin , par rapport aux savantes notes dont son édition deCicéron est ornée. « Pourquoi, dit l’abbé d’Olivet, me soumettre à la» dure loi qu’il m’avait imposée de ne le point nommer? je lui dois» plusieurs remarques signées anonymes , qui font la richesse de mon» édition. » On peut voir dans les Mémoires de Michault , que nousavons déjà cité, à combien d’autres gens de lettres le profond savoirdu P. Oudin a été utile. On trouvera dans ces mémoires le détail destravaux immenses et très-estimables de ce jésuite laborieux , simple etmodeste, qui n’a pas eu assez d’imitateurs parmi ses confrères ; qui necherchait point, comme plusieurs d’entre eux, à gouverner les hommesau lieu de les instruire ; qui gémissait enfin, quoique en secret, surl’esprit d’ambition et de manège, devenu si funeste à sa compagnie.
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(12) Plus l’attachement de l’abbé dOlivet pour les jésuites a étéconstant et sincère , moins nous devons passer sous silence une querelleassez vive qu’il fut forcé d’avoir, non avec la société , mais avec quelquesjésuites , au sujet du livre de M. Huet, intitulé, Traité philosophiquede la faiblesse de l’esprit humain. Cet ouvrage, dont notre académi-cien avait été l’éditeur après la mort du prélat , lut vivement attaquépar les journalistes de Trévoux. L’abbé d'Olivet le défendit avec vi-gueur, et cessa d’être jésuite un moment, pour venger son ami. Son