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qu’un, du vers lancé contre lui dans le Pauvre Diable, car ilparlait souvent le premier , sans affectation comme sans fiel,de ce malheureux vers qui était alors dans toutes les bouches ,et deveuu comme sa devise involontaire. Il remarquait com-bien il y avait de goût dans cette triple répétition , compilait,compilait , compilait , que plus d’un auteur aurait peut-être crue froide et fastidieuse. Un sot, disait-il, aurait bienpu trouver ce vers, mais à coup sûr il ne l’aurait pas laissé.Après le mérite d’avoir fait le vers , le plus grand saris douté estde le louer avec tant de justesse et de finesse, surtout lorsqu’ona le malheur d’en être l’objet. Les auteurs outragés par unesatire ingénieuse n’en sentent que trop toute la malice , maisplus ils la sentent, moins ils se pressent de la faire sentir auxautres.
Admis enfin dans l’Académie, l’abbé Trublet en remplit pen-dant cinq ans les devoirs avec la plus grande exactitude ; il futtrès-utile à nos séances particulières, comme il s’était engagé del’être dans son discours de réception. « La qualité d’académi-» cien , avait-il dit, est un titre d’honneur , mais plus encore» un engagement à un travail commun à la compagnie. Vos» statuts le prescrivent et le règlent : or, messieurs -, sans me» croire digne de l’honneur, je me suis senti capable du travail.» J’ai étudié de bonne heure notre langue dans les ouvrages dé
» vos prédécesseurs; j’ai continué celte étude dans les vôtres.
» De là mes vœux , et sans doute votre choix. » On ne peutmontrer à la fois et moins d’opinion de soi-même , et plus dezèle pour justifier le suffrage de ses confrères.
La santé de l’abbé Trubiet s’affaiblissant de jour en jour, ilse retira à Saint-Malo quelques années avant sa mort. Il nes’occupa plus que de bonnes œuvres et des devoirs de son état ,et mourut en paix au sein de sa famille. La conduite sage, re-ligieuse et édifiante qu’il mena dans sa retraite, lorsqu’obscu-rément confiné au fond de sa province, sans intérêt, sans pré-tentions et sans désirs , il n’avait plus rien à feindre ni à dissi-muler , servirait, s’il était nécessaire, de réfutation victorieuseaux imputations dont il a été chargé sur la pureté et la sincéritéde sa foi. Ce n’est pas qu’il eût jamais fourni de sujet ni mêmede prétexte à ces imputations, soit par ses écrits, soit par sesdiscours ; mais il était, comme nous l’avons dit, intimement liéavec Fontenelle et La Motte ; il adoptait presque aveuglémenttoutes leurs opinions philosophiques et littéraires ; et ces deuxcélèbres écrivains, quelque réservés qu’ils fussent dans leur con-duite et dans leurs ouvrages , n’avaient, pu éviter d’être taxésd’irréligion par le zèle adroit de ces dévots pénélrans, dont l’œil