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Tome troisième.
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DE T R U BLET.

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fin, et surtout éclairé, va chercher des ennemis à l'Evangileparmi tous ceux qui font un usage distingué de leur raison etde leurs lumières. Ces détracteurs si avisés de La Motte et deFontenelle concluaient, avec leur logique profonde , que l’abbéTrublet , leur ami, pensait comme eux sur cette matière déli-cate, et qu’il était sectateur, en religion comme en poésie , deleurs principes erronés. Ni les liaisons de notre académicien avecplusieurs évêques , qui se reposaient même sur lui de la confec-tion de leurs mandeinens, ni la protection dont une reine pieusel’honorait, ni tout ce qu’il a imprimé contre les incrédules dansses Essais , ni enfin ce Journal chrétien, auquel il avait travaillési constamment, et avec un zèle dont il pensa même être la vic-time, rien ne put fermer la bouche à l’imbécile calomnie. L’abbéTrublet voyait néanmoins beaucoup plus clair sur les vrais in-térêts de la religion, que ceux qui l’accusaient si légèrement den’y être pas attaché. Triste spectateur, dans ses dernières an-nées, des coups violens que l’impiété portait à la bonne cause ,et eu même temps du fanatisme et de l’ineptie de la plupart deses défenseurs, mais surtout de leur ridicule acharnement contrel’orthodoxie de tous les hommes illustres , il gémissait profon-dément de voir l’arche du Seigneur confiée à des mains sidébiles et si indignes de la soutenir. « Quels funestes ouvrages» contre le christianisme , disait-il un jour avec effroi, que toutes» les déclamations dont nous sommes inondés en sa faveur par» des avocats si détestables 1 Se flattent-ils de surpasser dans leurs» diatribes les plaidoyers éloquens des Bossuet, des Grotius et» des Abbadie? Qu’ils y renvoient leurs adversaires, et surtout» qu’iis se taisent. » Ces avocats n’en ont rien fait; ils ont re-doublé de clameurs et de sottises, et la piété sincère voit chaquejour avec douleur les tristes effets de leur opiniâtre absurdité.Ils ressemblent à ces troupes irrégulières et destructives, qui ,sous prétexte d’aller à la découverte de l’ennemi, pillent etbrûlent tout ce qu’elles rencontrent, et empêchent par leurs dé-vastations les troupes régulières de subsister '.

1 Les propos injustes répandus (Uns la capitale sut la religion de l’abbéTiublet s’étendirent, après saretiaite, jusque dans la ville de Saint-Malo ,sa patrie, où il était venu finir ses jours; et depuis sa mort même, ces pro] osindécens et punissables sont revenus avec une nouvelle force de Saint-Malo èfinis, sans en mériter plus (1e croyance. \ oici ce que nous lisons dans unelettre écrite de cette ville de Bietagne, et que nous avons sons les yeux :a Les chanoines , confrères de l’abbé Trublet, qui ignoraient jusqu’au titre» de ses ouvrages, remarquaient seulement son édifiante assiduité de tons les» jours, (le toutes les heures , de toutes les saisons, aux offices de sa catlié-» diale, où , dans l'impuissance de marcher seul, il se faisait traîner par sona domestique. Ses infirmités augmentant, il appela un médecin de sa con-ii naissance : Mnnswin , lui dit-il, voua êtes mon ami, vous êtes filuln-