658 ELOGE t)E TRUBLET.
Outre ses Essais de Littérature, le principal et le meilleur deses ouvrages, l’abbé Trublet a composé aussi deux volumes dePanégyriques des Saints , terminés par des Réflexions sur VElo~quence, et principalement sur Y Eloquence de la chaire. On re-trouve dans ces réflexions l’auteur des Essais , quant aux prin-cipes et quant au style ; elles peuvent être lues avec fruit parles jeunes orateurs ; mais si les réflexions donnent souvent leprécepte , les Panégyriques donnent rarement l’exemple. On ytrouve, à la vérité, une diction pure , et quelquefois même dela finesse, mais on y chercherait en vain cette force, ces mou-vemens, cette chaleur, qui seules peuvent faire supporter lamonotonie et l’insipidité de ce genre d’ouvrage.
L’abbé TrubJet nous a aussi donné des Mémoires pour servirà l'histoire de Fontenelle. On lui a reproché d’être entré dansquelques détails trop minutieux sur cet homme célèbre; maisces détails doivent trouver grâce aux yeux des lecteurs philoso-phes, par la quantité de traits intéressons et curieux que lesmémoires contiennent. D’ailleurs, pourquoi de pareils détailsseraient-ils pfus déplacés dans l’histoire d’un écrivain qui a ho-noré sa nation, que dans celle de tant de princes qui n’ont faitqu’opprimer la leur? Et pourquoi les gens de lettres illustresn’auraient-ils pas autant de droit d’avoir leur Suétone 1 que sixà sept monstres qui ont régné sous le nom de Césars? Plût à Dieuque l’histoire parlât davantage des hommes de génie, et moinsde la méchanceté et de l’imbécillité puissante, si ce n’est pourfaire abhorrer l’une et mépriser l’autre !
» sophe; je souffre des maux incroyables, mettez-y fin; apportez-moi
>> quelque breuvage qui me délivre de la vie, dont je suis las . Je suis
» sûr, lui répondit le médecin, que vous souffrez très-peu, et je ne puiss faire (L'tnlleurs ce que vous désirez. I.r lendemain, autre visite du nie-» decin, et mêmes instances aussi inutiles de la part du malade. L’abbé» Trublet ne pouvant rien obtenir, consentit K vivre encore quatre !i cinqa semaines. Dans ses derniers instans, un prêtre vint inutilement lui crier» aux oreilles , tandis que le médecin , avec sa voix ordinaire , se faisait en-» tendre. Il mourut ainsi, en profitant de sa fausse surdité. >i Nous rapportonscette prétendue anecdote, non pour y donner la moindre autorité, mais pourconsoler tant de littérateurs honnêtes et irréprochables , dont les scntiincnsen matière de religion sont tous les jours l’obj»^ de là plus odieuse calomnie.Qu’ils apprennent h la souffrir et à la mépriser, en voyant qu’elle n’a pasrougi déporter ses dents meurtrières jusque sur l’abbé Trublet, composi-teur de mandcinens , protégé de la reine , coopc’ratcur du Journal chrétien,et ayant toujours conservé, malgré ses liaisons avec d’illustres philosophes,l’orthodoxie la pins exemplaire.
* On sait que SnétOne a écrit la vie privée des doute premiers empereurs,parmi lesquels se trouvent Tibère, Caligula, Claude, Néron, Vitellius etDomitien. •
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