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Tome troisième.
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ÉLOGE

nions ou les travers qu’ils devront ménager , et surtout lesridicules si redoutables dont il leur importera de se garantir.

Long-temps avant la petite disgrâce que les Kssais de plaireavaient éprouvée , Moncrif en avait essuvé une autre plus fâ-cheuse et plus sensible. Une plaisanterie de société l’engagea àcomposer une espèce A’Histoire des chats , en forme de lettresadressées à une femme de la cour. Ces lettres étaient, comme ill’avouait lui-même , gravement frivoles ; il y avait prodigué, àI exemple de Mathanasius , une érudition pédantesque , dont ilne voulait que se moquer , et dont on eut l’injustice de lui faireun reproche. Il joignait à cette érudition un ton de plaisanteriequ on trouva froid et déplacé. Les critiques , les sarcasmes , lesinjures même tombèrent sur lui de toutes parts; des chansonsqu’on a oubliées, des brochures qu’on ne lit plus aujourd’hui ,et dont Y Histoire des chats était l’objet, furent alors dévoréesavec avidité, et reçues avec une espèce de transport. L’iinpres-■sion qu’elles firent fut si vive et si profonde , que l’auteur ayantété reçu quelques années après à l’Académie Française, sur la-quelle il avait des droits légitimes par beaucoup d’autres produc-lions, la satire affecta de publier, et persuada sans peine à l’i-nepte multitude, que cette bagatelle était le seul titre du nou-vel académicien. On imagine aisément tout le parti que la haineet l’envie surent tirer de cette supposition absurde , pour tournereu ridicule et le récipiendaire et la compagnie qui l’adoptait ;car le public qui, par un effort d’équité, respecte au fond lesacadémies, n’en applaudit pas avec moins de plaisir aux traitsde malignité dont elles sont l’objet; de petites épigrammes lan-cées bien ou njal à propos contre un corps illustre , réjouissentun moment celte foule de sots oisifs, à qui il faut bien jeter detemps en temps quelques hochets pour leur amusement. Mon-crif se soumit de bonne grâce à l’arrêt sévère du public. Il s’exé-cuta lui-même , en retranchant Y Histoire des chats du recueilqu’il publia deses oeuvres. Il fit mieux encore ; et dans une pré-face qu’il mit à la tête de ce recueil , il eut l’équité courageused’être lui-même le censeur de son propre ouvrage. « Dans» un écrit mauvais en soi , dit-il, l’esprit n’est qu'un tort de» plus. Pourquoi vouloir former un volume? Pourquoi accumu->• 1er des singularités dont l’inutilité se découvre, et dont la cu-» riosilé diminue à mesure qu’on les multiplie ? >> 11 était néan-moins d’autant plus excusable de n’avoir pas aperçu d’abordtoute la frivolité de son sujet et de son livre, que des mainsillustres , comme il nous l’apprend, avaient pris la peine d’engraver le< planches et par conséquent de se rendre en quelquefaçon ses complices. Les critiques impitoyables qui goûtaient.