DE MO NCR IF. (itk)
mer de la sorte, par ses Cantiques spirituels , la tendre piété de lareine ; il était encore , pour faire complètement sa cour à cette re-ligieuse princesse , le médiateur secret de quelques correspondancesdévotes qu’elle entretenait avec des personnes pieuses ; entre autresavec une comédienne convertie , mademoiselle Gauthier , qui , aprèsavoir long temps mené la vie ordinaire des filles de théâtre, étaitdevenue carmélite, et servait Dieu avec le même zèle qu’elle avaitservi le monde. ( Voyez l’histoire curieuse de cette comédienne-carmélite , dans le reeueil intitulé : Pièces intéressantes et peu connuespour servir à l’histoire. Paris , iyHt, in-ia , p. o 5 g et suiv. )
ÉLOGE D’ALARY' 1 .
L’abbé Alary montra de bonne heure les plus heureuses dispo-sitions, et la plus grande ardeur pour les cultiver. Ces qualitésle firent connaître du docte abbé de Longuerue , qui prit plaisirà l’instruire, et qui l’a toujours regardé comme un de ses meil-leurs élèves. Nous nous arrêterons quelques momens sur le sa-vant homme dont l’abbé Alary mit si bien à profit les leçons ;le portrait du maître peut contribuer à l’éloge du disciple, non-seulement par les qualités estimables qui leur ont été communes,mais par quelques singularités moins heureuses qui déparent unpeu les qualités du maître, et dont le disciple a su se garantir.Tous ceux qui ont fréquenté l’abbé de Longuerue parlent avecétonnement de son érudition prodigieuse et presque effrayante ;il avait tout lu, et une mémoire immense lui avait tout fait re-tenir. Aussi était-il non-seulement l’effroi des demi-savans ,qu’il forçait à se taire devant lui, mais le fléau des savans même ,(jui ne l’étaient pas assez pour être modestes. Renfermé presqueabsolument dans son cabinet, il y avait contracté,celte sorte derudesse que donnent les études profondes, quand le commercedu inonde n’y a pas, pour ainsi dire , passé la lime. Quoiqu’iln’y eût presque dans aucune langue aucun auteur célèbre quilui fût inconnu , quoiqu’il ne manquât ni d’esprit, ni même ,à certains égards, de discernement et de goût, il u'atlachaitabsolument de prix qu’à la connaissance des Jaits; les agrémensde la littérature n’avaient aucun attrait pour celte âme dessé-chée par l’érudition la plus aride : on prétend que dans la vente
t
1 Pierre-Joseph Alary, prieur tic Gomnay-snr-Marne, tic h Paris en 1^89-reçu le 3 o décembre 1733, h la place de Louis-Anloiue de Mcsmes . premierpresident; moule î 5 di’oembre 1770.