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Tome troisième.
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D’ALARY. 671

si universel, 11’avait presque rien imprimé , parce qu’il aimaitplus l’étude que la gloire, et qu’il avait préféré le plaisir des’instruire à celtii de faire voir aux autres à quel point il étaitinstruit en tout genre. L’abbé Alary, héritier de son savoir, etnullement de ses défauts, le fut dans ce qü’il avait peut-être deplus louàble , dans son indifférence philosophique pour la répu-tation littéraire. Il était, ainsi que l’abbé de Longuerue, très-versé dans les langues anciennes et modernes, dans l’histoirede tous les peuples , et surtout dans la nôtre ; mais, à sonexemple, il a gardé pour lui et pour quelques amis, moitié parmodestie, moitié par amour du repos, les richesses qu’il avaitacquises par plus de soixante années d’études ; il n’en a riencommuniqué au public ; et s’il n’a pas fait parler bien haut larenommée en sa faveur, du moins il n’a pas vu la jalousie et lahaine acharnées et réunies pour lui disputer un peu de fumée.

Néanmoins , malgré son peu d’empressement à se faire valoir,son mérite bien réel et bien connu reçut de l’A.oadémie la jus-tice qu’il méritait. Elle jugea qu’un homme de lettres qui ré-unissait à tant de connaissances les qualités sociales , serait très-utile au travail de nos séances, et elle ne se trompa point. L’abbéAlary justifia sa nomination, non-seulement par beaucoup d’as-siduité aux assemblées académiques, mais par les lumières etle savoir dont il éclairait sans étalage comme sans réserve lesdiscussions qui nous occupent. Instruit et exercé dans la sciencedes étymologies, dans celle de nos proverbes et de leur origine,et, par une suite nécessaire , dans notre ancienne langue fran-çaise , on le trouvait toujours prêt à répondre aux questionsqu’on pouvait lui faire sur ces différens objets; favorisé d’ail-leurs d’une mémoire très-heureuse, et parlant sa langue avecautant de correction que de facilité, il satisfaisait sur-le-champ , d’une manière aussi sûre que prompte, la curiosité deses confrères, à qui d’ailleurs il était cher par l’aménité deses mœurs et la douceur de son commerce. Nous avons plusd’une fois été témoins qu’il était infiniment plus propre à nosassemblées particulières que d’autres académiciens justementestimés par leurs ouvrages, et dignes du choix de la compagniepar leur réputation et par leurs succès ; mais qui, soit inattentionpour des discussions grammaticales qu’ils regardaient commeau-dessous d’eux, soit peut-être faute de s’être abaissés auxétudes nécessaires pour résoudre ces sortes de questions, n’ontporté dans notre travail commun ni le même intérêt, ni lesmêmes secours que l’académicien dont nous parlons. 11 a étépour nous une preuve nouvelle et bien sensible de ce quenous avops déjà fait sentir ailleurs, que l’Académie, dans ses