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Tome troisième.
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hommes importuns à la cour , qui s'étalent persuadés que nônaltesse sérénissime nepouvait paraître à l’Académie sans y occu-per une place qui le tirât, disaient-ils, de la foule , dont il setirait bien mieux en cherchant à s’y cacher. Le comte de Cler-mont fit céder son amour pour les lettres à ces vaines représen-tations , qu’il était si fort en droit de mépriser ; et nous perdîmes,à son grand regret et au nôtre , l’espoir que nous avions eu de•jouir quelquefois de sa présence.

Un autre fait nous a encore plus affligés ; nous le disons avecd’autant plus de franchise, que nous savons aussi à quel point ceprince a partagé notre peine. Il se trouva, dans deux occasionsdifférentes, directeur de l’Académie par le sort, et chargé enconséquence de deux réceptions , celle de l’abbé de Boismont etcelle de Thomas , deux hommes de lettres à qui le prince pouvaitdire des choses si flatteuses et si vraies sur leurs talens et leurs•ouvrages. Les fonctions de directeur lui auraient donné dans cettecirconstance , sans inconvénient et sans difficulté , la préséanceque des flatteurs subalternes réclamaient pour lui et contre songré dans les assemblées particulières : un discours de quatrelignes adressé au récipiendaire par un directeur si respecté, eûtété reçu par l’Académie et par l’auditoire avec plus de transport•que le discours le plus éloquent d’un académicien ordinaire; etle prince , devenu pour ainsi dire en ce moment le dictateur desgens.de lettres , aurait vivement senti la différence des honneursexigés ailleurs par son rang, et de ceux qui, en cette occasion ,eussent été prodigués à sa personne. Des considérations impor-‘ tunes et fâcheuses, auxquelles il ne se sôumit qu’avec répugnance,lui arrachèrent encore cette gloire si touchante et si pure, qu’ila regrettée jusqu’à la fin de ses jours.

Mais s’il a trop profité , contre ses vœux et contre les nôtres ,de la liberté que nos usages accordent à chaque académicien des'absenter de nos assemblées, souvenons-nous du moins qu’il n’aprofité que malgré lui de cette liberté, et n’a d’ailleurs usé dece droit que par le motif le plus louable ; il a mieux aimé re-noncer au plaisir qu’il s’était promis de se voir quelquefois aumilieu dé nous , que de venir y usurper un rang qui aurait dé-truit l’égalité précieuse à laquelle nous sommes si justement etsi constamment attachés. Si quelque académicien ( ce qui n’ar-rivera sans doute jamais ) se croyait d’un rang assez supérieurpour exiger ici des distinctions, nous opposerions à cette pré-tention choquante l’exemple de monseigneur le comte de Cler-mont, comme une barrière insurmontable. Le nom de ce princesera donc à jamais la sauvc-garde de notre plus chère préroga-tive ; et l’Académie devrait, à c,e seul titre , conserver pour sa