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idée. Non - seulement ils voulaient ( ce qui était raisonnable )marier , pour ainsi dire, chaque art mécanique à la science dontcet art peut tirer des lumières, comme l’horlogerie à l’astro-nomie , la fabrique des lunettes à Voptique ; mais ils prétendaientencore, qu’on nous passe cette expression, accoler chacun deces arts à la partie des belles-lettres, qu’ils s’imaginaient y avoirplus de rapport; par exemple, disaient-ils, le brodeur à l’histo-rien , le teinturier au poète, et ainsi des autres. Ce trait seulsuffirait pour juger à quel point la confiance du prince fut malservie dans cette occasion par ceux qu’il en avait honorés. Aussicette société ne vécut-elle pas long-temps , les vues si louables ducomte de Clermont pour le progrès des sciences, des lettres etdes arts, demeurèrent sans effet, parce qu’il ne fut pas assezheureux pour trouver des coopérateurs dignes de seconder sesvues et capables de les remplir ; tant il est vrai, dans les petitescomme dans les grandes choses , qu’avec les intentions les plusdroites , il importe aux princes, pour faire le bien qu’ils dési-rent , de n’avoir autour d’eux que des hommes éclairés. Mais cetavantage, au grand détriment de leur gloire , leur manque plussouvent encore, que l’amour de la vérité et le désir de l’en-tendre.
Dans cet article, trop court peut-être, sur monseigneur lecomte de Clermont, nous avons cru devoir uniquement l’envi-sager comme académicien et comme ami des lettres. Nous neparlerons point ici de ses qualités personnelles, de sa bienfai-sance, de son affabilité, de sa franchise et de son courage. Cedétail intéressant appartient moins à l’histoire de l’Académie ,qu’à celle de l’illustre maison de Condé, histoire oh monseigneurle comte de Clermont tiendra sans doute un jour la place distin-guée qu’il mérite. Si dans cet état, messieurs , nous rappelionsà votre souvenir des vertus qui le rendaient cher à tous les Fran-çais , ce serait surtout pour féliciter la nation de posséder dansun autre Condé le digne héritier de ces mêmes vertus ; c’est àelles qu’il doit cette précieuse bienveillance publique , dont iléprouve tous les avantages , dont il connaît tout le prix , dontl’adulation ne peut jamais tenir la place, et à laquelle les princeséclairés se montrent d’autant plus sensibles, qu’ils sont plus di-gnes et plus sûrs de l’obtenir.