DU COMTE DE CLERMONT.
681
NOTE.
(i) La partie de ['Histoire de F Académie, écrite par Duclos, setrouve toute entière au mot Académie , dans la Nouvelle Encyclopédiepar ordre de matières. Nous avons cru pouvoir en détacher , danscette note , ce qui regarde l’élection du comte de Clermont, et quiest également honorable pour le prince , pour l’historien, pour l’Aca-démie et pour les lettres. C’est donc Duclos qui va parier dans toutela suite de cette note. « Je ne puis me dispenser, dit-il, de rappelerles circonstances de l’entrée de M. le comte de Clermont dans l’Aca-démie. Il fit communiquer le désir qu’il fcn avait à dix d’entre nous ,tous gens de lettres , du nombre desquels j’étais, en nous recom-mandant le plus grand secret jusqu’au moment où il conviendraitde rendre son vœu public. Le premier mouvement de mes confrèresfut d’en marquer au prince leur joie et leur reconnaissance. Je par-tageai le second sentiment; mais je les priai'd’examiner si cet hon-neur serait pour la compagnie un bien ou un mal ; s’il ne pouvaitpas devenir dangereux ; si l’égalité que le roi veut qui règne dans nosséances entre tous les académiciens, quelque différens qu’ils soientpar leur état dans le monde , s’étendrait jusqu’à un prince du sang ;enfin si nous, gens de lettres , ne nous exposions pas à perdre nosprérogatives les plus précieuses, qui toucheraient peu les gens de lacour nos confrères, assez dédommagés de l’égalité académique par lasupériorité qu’ils ont sur nous partout ailleurs.... Je leur représentaique le projet dont M. le comte de Clermont nous faisait part, n’étaitqu’une espèce de consultation, puisqu’il nous demandait en mêmetemps de l’instruire des statuts et usages académiques.
» Ces observations frappèrent mes confrères, qui m’engagèrent àrédiger sur-le-champ le mémoire sommaire qui suit; il fut remis lejour meme à M. le comte de Clermont. L’événement a prouvé quenous avions pris une précaution sage et nécessaire. »
MÉMOIRE.
« Les statuts de l’Académie sont si simples, qu’ils n’ont pas besoinm de commentaire. Le seul privilège dont soient jaloux les gens de» lettres, qui sont véritablement l’Académie , c’est l’égalité extérieure» qui règne dans nos assemblées : l’académicien qui a le moins de for-» tune ne renoncerait pas à ce privilège pour toutes les pensions du» monde. Si son altesse sérénissime fait à l’Académie l’honneur d’y» entrer, elle doit confirmer par sa présence le droit du corps, en ne» prenant jamais place au-dessus des officiers. Son altesse sérénissime» jouira d’un plaisir qu’elle trouve bien rarement, celui d’avoir des» égaux, qui d’ailleurs ne sont que fictifs, et elle consacrera à jamais» la gloire des lettres. Comme elle est digne qu’on lui parle avec vé-« rite , j’ajouterai que si elle eu usait autrement, l’Académie perdrait» de sa gloire , au lieu de la voir croître. Les cardinaux formeraient