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j> les mêmes prétentions, les gens titrés viendraient ensuite, et j’ai» assez bonne opinion des gens de lettres pour croire qu’ils se retire-» raient. I.a liberté avec laquelle nous disons notre sentiment, est» une des plus fortes preuves de notre respect pour le prince et, qu’il» nous permette le terme, de notre estime pour sa personne. 11 reste” à observer que lorsque l’Académie va complimenter le roi, les trois» officiers marchent à la tête , et tous les autres académiciens suivant» la date de leur réception : or son altesse sérénissime est trop supé-» Heure à tous ceux qui composent l’Académie, pour que la place» ne lui soit pas indifférente : elle peut se rappeler qu’au couronnc-» inent du roi Stanislas, Charles XII se mit dans la foule. En effet,» il n’y a point d’académicien qui, en précédant son altesse sérénis-» sime , n’en fût honteux pour soi-même , s’il n’en était pas glorieux» pour les lettres. On n’est entré dans ce détail que pour obéir à ses» ordres. »
« Le prince approuva nos observations, ou, si l’on veut , nos con-ditions , souscrivit à tout, et aussitôt qu’il y eut une place vacante( ce fut celle de M. de Boze ), en parla au roi, qui donna son agré-ment et promit le secret. De notre côté, nous le gardâmes très-exactement à l’égard des académiciens de la cour, qui ne l’apprirent
qu’à l'assemblée du jour indiqué pour l’élection. Ils se plaignirent
qu’on leur eût fait mystère d’un dessein si glorieux pour la compagnie.On leur répondit que le roi ayant promis, ou plutôt offert le secret,avait par là imposé silence à ceux qui étaient instruits du projet ;qu’au surplus, chacun était encore en état de témoigner par sonsuffrage le désir de plaire à M. le comte de Clermont, puisque tousétaient en droit de donner librement leur voix. Quelques courtisansobjectèrent que dans une telle occasion , la liberté des suffrages étaitune chimère, parce qu’on ne pouvait, dirent-ils, nommer un princedu sang que par acclamation. Les gens de lettres s’y opposèrent for-mellement , réclamèrent l’observation des statuts , et demandèrent lescrutin ordinaire. On ne doute pas que les suffrages et les boulesn’aient été favorables au candidat. Le registre ne porte cependant quela pluralité et non Punanimité des voix.
» Dans le premier moment, le public applaudit à l’élection; lesgens de lettres en recevaient et s’en faisaient réciproquement des
complimens, lorsqu’il s’éleva un orage qui pensa tout renverser.
Quelques officiers de la maison du prince prétendirent qu’il ne con-venait pas à un prince du sang d’entrer dans aucun corps , sans yavoir un rang distingué, une préséance marquée. Ils firent composerii ce sujet un mémoire fort étendu ; et comme j’avais été un des agensde l’élection , on me l’adressa , en me demandant une réponse. On lavoulait prompte ; et ne me trouvant pas chez moi, on m’apporta lemémoire dans une maison où j’étais. Ce n’était pas un jour d'aca-démie; je ne pouvais ni consulter mes confrères , ni concerter aveceux ma réponse. Je pris donc sur moi de la faire telle que la voici,quel qu’en pût être le succès, cl au hasard d’être avoué ou désavouépar le corps au nom duquel je répondais. »
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