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Tome troisième.
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684 NOTES SUR L’ARTICLE

a plusieurs académiciens, leur premier soin fut de lui exposer par» écrit la seule prérogative dont leur amour et leur reconnaissancea pour le roi les rendent jaloux.

» Us eurent la satisfaction d’apprendre que son altesse sérénissimei> approuvait leurs sentimens. Ils ne se persuaderont jamais qu’ils» aient eu tort de compter sur sa parole. Nous osons le dire, et le» pnnce ne peut que nous en estimer davantage, nous ne lui aurionsa jamais donné nos voix , si nous avions pu supposer que nous nous» prêtions à notre dégradation. Il est bien étonnant qu’on vienne» dans un mémoire établir les droits des princes du sang, commea s il s’agissait de les soutenir dans un congrès de l’Europe ; qu’on» vienne les étaler dans une compagnie dont le devoir est de les» connaître, de les publier, et de les défendre , s’il en était be-» soin.

» Les princes sont faits pour des honneurs de tout autre genre que» des distinctions littéraires. Voudrait-on en dépouiller des hommes» dont elles sont la fortune et l’unique existence ? Les hommes cons-“ titués en dignité auraient-ils assez peu d’amour-propre pour n’êtrea pas flattés eux-mêmes que le désir de leur être associés en un seul» point soit un objet d’ambition et d’émulation dans la littérature ?x L’Académie ne veut point avoir de discussion avec M. le comte dea Clermont, il ne doit pas entrer en jugement avec elle ; elle obéiraitn en gémissant à des ordres du roi, mais elle ne verrait plus que sonh oppresseur dans un prince qu’elle réclame pour juge. Elle l’aime ,» elle voudrait lui conserver les mêmes sentimens; voici ce qu’elle luia adresse par ma voix :

» Monseigneur, si vous confirmez par votre exemple respectablea et décisif une égalité , qui d’ailleurs n’est que fictive , vous faites àn l’Académie le plus grand honneur qu’elle ait jamais reçu , vous ne» perdez rien de votre rang, et j’ose dire que vous ajoutez à votren gloire en élevant la nôtre. La chute ou l’élévation , le sort enfin den l’Académie est entre vos mains. Si vous ne l’élevez pas jusqu’à» vous, elle tombe au-dessous de ce qu’elle était; nous perdons tout,n et le prince n’acquiert rien qui puisse le consoler de notre douleur.

» La verrait-on succéder à une joie si glorieuse pour les lettres et» pour vous-même ? Ce sont les gens de lettres qui vous sont le plusa tendrement attachés ; serait-ce d’un prince, leur ami dès l’enfance,

» qu’elles auraient seules à se plaindre ? Notre profond respect sera» toujours le même pour vous, monseigneur ; mais l’amour, quia n’est qu’un tribut de la reconnaissance, s’éteindra dans tous lesa cœurs qui sont dignes de vous aimer et d’être estimés de vous. »

« Le prince , frappé des observations qu’on vient de lire, ne ba-lança pas à se décider en notre faveur ; il me fit dire qu’il ne tarderaitpas à venir à l’Académie, et qy’il voulait y entrer comme simpleacadémicien.

n En effet, quelques jours après il vint à l’assemblée sans s’être faitannoncer, combla de politesses et même de témoignages d’amitiétous ses nouveaux confrères , ne les nommant jamais autrement, lesinvita à vivre avec lui, opina très-bien sur les questions qui furent