DU COMTE DE CLERMONT. 685
agitées pendant la séance, reçut les jetons de droit de présence, setrouvant, dit-il, honoré du partage ; et tout se passa à la plus grandesatisfaction du prince et de la compagnie. Quand un prince du sangveut bien adopter le titre de confrère , on n’imaginera pas qu’il setrouve quelqu’un d’assez sottement présomptueux pour n’en être passatisfait. »
Il était important pour les lettres qu’un morceau si précieux denotre histoire ne restât pas ignoré. Duclos , en nous le laissant, amérité autant notre reconnaissance, que les soins si nobles de MM. deDangeau pour sauver à l’Académie le désagrément et le ridicule d’uneclasse d’honoraires '.
ÉLOGE DE MILORD MARÉCHAL 2 .
Cet éloge est un tribut, à la vérité bien doux , qu’exige de moil’amitié dont milord Maréchal m’a honoré, et la tendre vénéra-tion que m’avait inspirée cet homme de mœurs antiques et pures,que les beaux siècles de la probité romaine auraient envié aunôtre ; véritable philosophe, qui pratiqua , sans l’afficher, cettesagesse que tant d’autres affichent sans la pratiquer ; qui joignitla modestie aux lumières, la simplicité la plus aimable à l’àniela plus élevée, la sévérité pour lui-même à l’indulgence pourles autres ; enfin qui par son caractère, par son esprit, par sesvertus, mérita l’estime, l’amitié , la confiance , je dirais presquele respect d’un grand roi, trop respectable lui-même pour quecette expression puisse l’offenser.
George Keith , mai'échal héréditaire d'Ecosse , plus connusous le nom de milord Maréchal , était de la naissance la plusdistinguée; on le voit assez par le titre qu’il portait, et que samaison possédait depuis cinq cents ans. Mais loin de se pré-valoir de son illustre origine , comme ceux à qui la nature n’apoint donné d’autre avantage, personne ne se moquait plus vo-lontiers que lui du prix que la vanité humaine attache si souventà ce bienfait du hasard. Elle ne sent pas , disait-il, combien ceprésent est fâcheux , quand on le reçoit en pure perte, et qu’on
1 Voyez l’éloge de l’abbé de Dangeau.
a L’auteur lient les faits qu’il raconte dans cet éloge , ou de milordMaréchal lui-mëme, qu’il a particulièrement connu , ou de ceux qui ont vécule plus intimement avec lui, soit en Espagne, soit en France , soit dans lesEtats du roi de Prusse. Les notes qui sont à la suite renferment quelquesdétails particuliers, qui peut-être auraient paru trop longs dans l’élogemême.