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ne sait pas le mettre en valeur. Parmi les traits curieux de sottisequ’il avait recueillis sur ce sujet, il aimait surtout à raconter 1celui d’un noble campagnard qu’il avait connu, et qui regardantun gentilhomme comme le plus précieux ouvrage de la divinité,et sa perte comme un des plus grands malheurs de ce monde ,définissait la peste, une calamité abominable, pendant laquelleun gentilhomme n’est pas sûr dé sa vie.
La reine Anne , qui l’aimait et qui l’estimait, le fit capitainede ses gardes dans un temps oh ce n’était pas encore l’usage enAngleterre, que la naissance et la faveur tinssent lieu de mériteet de service; usage qui depuis a été aboli chez cette nation,comme il l’était déjà chez les autres. Milord Maréchal fit laguerre sous le célèbre Marlboroug, et se distingua bientôt auxyeux d’un si bon juge, par le courage et la capacité qu’il montraen plusieurs occasions. Lui seul paraissait l’avoir oublié, car ilne parlait pas plus de ses talens militaires que de sa noblesse (i).Il était si peu occupé de lui, et avait tant de répugnance à enoccuper les autres, que ses amis même ne pouvaient lui faireouvrir la bouche sur ce qui le regardait personnellement ; et ilaurait pu à cet égard être proposé pour modèle par les moralistesrigides qui ont tant condamné ce moi, si commun dans la société,si doux pour l’amour-propre de ceux qui se le permettent, etsi importun pour celui des autres. Le silence'opiniâtre qu’ilgardait sur lui-même laissait ignorer jusqu’à son âge , quoiqu’ilfût bien éloigné de cette faiblesse si ordinaire aux vieillards,qui croient tromper la nature en trompant leurs amis sur lesannées qu’ils n’avouent pas , et qui voudraient, s’il était possible,se dissimuler à eux-mêmes le triste voisinage ou ils sont duterme fatal de toutes les misères humaines ( 2 ).
■ Milord Maréchal, tout révolté qu’il était de la conduite odieuseet absurde qui avait précipité du trône le roi jésuite (3) et into-lérant Jacques II, n’en resta pas moins fidèlement attaché auxintérêts de la déplorable maison des Stuarts ; il ne croyait pasque les fautes du père dussent être punies dans les enfans, etne pouvait soulfrir que leur héritage légitime devînt la proied’une maison étrangère. Vous êtes , lui disait un partisan de lamaison d’Hanovre, moins sév'ere que la justice suprême, quifait expier le péché d’Adam à toute sa postérité. Je le sais,répondit-il ; mais je sais aussi que la justice suprême est impéné-trable dans ses décrets, et que la pauvre espèce humaine estaussi peu faite pour les imiter que pour les comprendre. Aprèsla mort de la reine Anne, il voulut proclamer dans les rues «leLondres, à la tête des gardes, le frère de cette princesse, siconnu depuis sous le triste nom de Prétendant , «ju’il n’à pu