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Tome troisième.
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DE MIT,ORD MARÉCHAL. 687

changer en celui de Roi. Les jacobites louèrent beaucoup sonprojet; mais retenus par la peur, cette ennemie, dit Tacite,des grandes entreprises , ils en restèrent aux éloges. En propo-sant ce projet, hasardeux sans doute, mais décisif, milordMaréchal espérait que le peuple serait entraîné par une entre-prise si audacieuse et si imprévue. Il croyait nécessaire de brus-quer le succès pour l’obtenir, et désapprouvait beaucoup lesmoyens faibles et mal concertés qu’on prenait ou qu’on voulaitprendre pour restituer à ce prince la couronne de ses pères.

En 1715, se croyant plus sûr d’être secondé dans son généreuxzèle, il fit prendre les armes à l’Ecosse en faveur de ce mêmeprince : mais il ne crut pas que la guerre qui allait se faire pourlui, dût se faire sans lui; il lui écrivit qu’un souverain privé deses Etafk devait partager les périls de ceux qui exposaient leurvie pour les lui rendre, et le détermina à quitter sa retraitepour venir se mettre à la tête de son parti. Non content d’avoirarmé pour lui ses anciens sujets, il demanda des secours à laFrance et à l’Espagne. La France fut inutilement sollicitée; elleavait trop besoin de repos après quatorze ans d’une guerre mal-heureuse. L’Espagne, toute épuisée qu’elle était parla mêmeguerre, se montra plus favorable; elle fit partir pour l’Ecosseplusieurs vaisseaux et quelques troupes : mais une tempête vio-lente qu’on n’avait pu prévoir, la désunion des chefs, à laquelled était plus naturel de s’attendre, et leurs fautes accumulées,suite nécessaire de cette désunion , obligèrent bientôt l’infortunéPrétendant à se rembarquer ( 4 ). Milord Maréchal refusa de lesuivre. Votre majesté, lui dit-il ; va se conserver pour ses amis ;je vais partager les malheurs de ceux qui lui restent en Ecosse,je les rassemblerai, et je n’en partirai qu’avec eux.

Condamné à perdre la vie par un jugement solennel du par-lement d’Angleterre, il perdit au moins toutes ses dignités,qu’il regretta peu, et tous ses biens, qu’il n’aurait pas regrettésdavantage, sans le généreux et digne emploi qu’il en auraitvoulu faire pour soutenir la cause de son roi, et pour aider lesmalheureux compagnons de sa fidélité et de son zèle. De toutesses possessions, il ne conserva que le titre de maréchal d’Ecosse.Pour cet effet-là, écrivait-il à un de ses amis, avec une gaietéqui ne l’abandonna jamais dans la plus mauvaise fortune, je legarderai sous le bon plaisir du roi George qui n’est pas maîtrede me l’ôler ; car j’en jouis, ne lui en déplaise, à meilleur droitqu il ne possédé la couronne de la Grande-Bretagne, puisquece titre était celui de mes pères ; et si je ne puis l’empêcher designer, comme il fait, Gf.obc.f. roi , au moins je signerai tou-jours , avec sa permission, le Maréchal d’Ecosse. Il signa eu

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