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Tome troisième.
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effet toujours ainsi , surtout après sa proscription. C’e'tait uneespèce de protestation tacite et continuelle contre celui qu’ilrefusait non-seulement d’appeler son maître, car je n’auraijamais, disait-il, d’autre maître que la loi, mais de reconnaîtreet d’avouer pour son souverain.

Il erra cinq à six mois, toujours poursuivi et toujours tran-quille, dans les montagnes et les petites îles au nord de l’Ecosse;sa tête e'tait mise à prix, et lui-même avait assisté paisiblementà cette proclamation, sans se croire un moment en danger aumilieu de ses dignes compatriotes. Plein de reconnaissance etd’une sorte de respect pour les pauvres paysans qui osaient luidonner asile dans leurs cabanes , il leur témoignait ce sentimentsi noble, en n’usant d’aucun déguisement avec eux, et il avaitpris cette courageuse résolution pour se procurer des Rendez-vous prompts et faciles avec ses amis, comme lui proscrits etfugitifs. La somme considérable qui devait payer sa tête eûtfait la fortune de celui qui l’aurait livré. Tous eurent le couragede lui être fidèles, et lui de ne pas douter qu’ils ne le fussent.Sa généreuse confiance eut le prix qu’elle méritait; elle ne futpoint trompée. Je ne crois pourtant pas, disait-il, être aussibien caché que milordBolingbrocke, qui dans un de ses voyages,ne voulant pas être connu, avait recommandé à un Nègre, sonseul domestique, de dire qu’il était Français ; ce Nègre, jalouxde mériter par sa discrétion la confiance de son maître, répon-dait à toutes les questions que lui faisaient les curieux, il estFrançais, et moi aussi. C’est ainsi que notre paisible philosophe,au milieu des périls éminens qui menaçaient sa vie, plaisan-tait sur ces périls même, et sur la difficulté d’y échapper.

En voyant les preuves touchantes d’attachement et de fidélitédonnées à milord Maréchal par sa nation , on ne sera pointsurpris de l’amour qu’il eut jusqu’à la fin de ses jours pour sesbraves Ecossais, car il aimait à les nommer ainsi. Il racontaitavec une espèce d’enthousiasme toutes les actions où ils avaienteu l’avantage sur les Anglais, et ne parlait jamais de celles oùils avaient été moins heureux , à moins que la grande inférioritéde leur nombre n’eût mis leur gloire en sûreté.

Ce n’était pas seulement pour rendre à l’Ecosse son roi légi-time , que ce brave citoyen avait pris les armes ; c’était pourdéfendre les intérêts de sa patrie , opprimée par l’Angleterre.En proclamant le Prétendant à Edimbourg, il lui fit jurer derestituer à l’Ecosse ses privilèges , que la reine Anne lui avaitenlevés. Sire, lui dit-il, vos sujets seront toujours prêts à sacri-fier leurs vies et leurs biens pour la cause de Foire Majesté,parce qu'ils vous croient disposé à regarder leurs intérêts comme