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Tome troisième.
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DE MILORD MARÉCHAL. 689

les vôtres i Les droits que vous réclamez sont justes, et ne cesse-ront point de l'étre, si vous^ respectez les leurs.

Dans sa fuite de rochers en rochers et de village en village,il essaya encore, mais en vain, de ranimer le parti mourant dela maison Stuart. Abandonne', pour ainsi dire , du ciel et de late^r^, il se vit enfin obligé de quitter l’Ecosse, où il n’avaitplus à attendre qu’une mort infructueuse pour son pays et pourson roi. Cependant, toujours soutenu par le courage que luiinsptrait la bonté de sa cause, et ne voulant pas encore,disait - il, désespérer de la justice de Dieu ni de celle doshommes, il alla dans une partie de l’Europe solliciter de nou-veau , pour le rétablissement de son prince, ces mêmes secoursqu’il avait si long-temps et si vainement réclamés. Mais il nevit que trop bien, ajoutait-il, par le peu de fruit de ses sollici-tations, que ce roi sans Etats et sans forces n’avait rien à espérerde ses augustes confrères. .

Ne pouvant plus lui être utile, et se flattant néanmoins encorede pouvoir le servir un jour dans des circonstances plus heu-reuses, il résolut de s’attacher à un service étranger, pour ycultiver ses talens militaires, jusqu’au moment où son souverainen réclamerait l’usage. Il entra donc au service d’Espagne, avecles officiers écossais qui avaient été les compagnons de ses dangerset de ses malheurs. On lui offrit le grade de lieutenant-général ;il le refusa , et ne voulut que celui de maréchal-de-camp. Unesi rare modération étonna beaucoup , mais édifia encore davan-tage l’ambitieux Albéroni, qui de pauvre curé de village étaitdevenu ministre tout-puissant de ce grand royaume. Je, suppliele roi, lui dit milord Maréchal , d’attendre, pour me donnerun grade supérieur, que je m’en sois rendu digne et capable ( 5 ). ■Rien ne le surprenait davantage que la confiance téméraired’un général ignorant, qui osant commander sans avoir long-temps appris à obéir, paie son ineptie par ses défaites, toujoursprésomptueux malgré les mauvais succès, et toujours battu sansen être plus instruit.

Comme les appointemens militaires de milord Maréchalétaient fort modiques, et surtout mal payés , la cour d’Espagnen’avait pas l’injustice d’exiger de lui dans son service cette exac-titude rigoureuse, que deux millions de soldats en Europevendent à bien plus bas prix , mais à laquelle il n’eût pas voulus’assujétir aux conditions même les plus avantageuses. Ami dumouvement par goût et par habitude, il profitait, pour s’y livrer,de la liberté qu’on lui laissait, et qu’il aimait bien plus que lesrichesses. Il habita pendant quelque temps Avignon, où il seplaisait beaucoup. N’ayant pas le bonheur d’êtîe catholique , il

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