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Tome troisième.
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semblait ne devoir pas chérir de préférence une terre pontifi-cale ; mais comme il était fort accommodant en matière dereligion, et que monseigneur le vice-légat, disait-il, ne le tour-mentait pas sur la sienne, il laissait en paix celle des autres,et n’avait point là-dessus de violence à se faire. Ceux qui croientque les originaux dignes de ce nom, les originaux vrais, et^nônfactices comme il y en a tant, ne se voient qu’en Angleterre ,seront surpris d’apprendre que milord Maréchal trouvait plusd’originaux dans le Cbmtat que partout ailleurs; il fallait, selonlxji, un grand degré de liberté civile pour produire les originaux,et il lui semblait qu’on jouissait de cette liberté dans Avignon ,à l’exception du seul article sur lequel il n’était pressé ni deparler ni d’écrire.

Le séjour de cette ville lui était cher encore par un autremotif; il y trouvait le duc d’Ormond , qui s’y était retiré , aprèsavoir été comme lui la victime de son attachement à ses anciensrois. La conformité de leurs sentimens, de leurs malheurs , deleur caractère, les attirait tous deux l’un vers l’autre, et lesinvitait à se rapprocher. Le duc d’Ormond, sous lequel il avaitservi en Flandre et en Ecosse , et qui connaissait à fond cetteâme pure , noble et courageuse , avait pour lui toute la tendressed’un père , et tout le respect qu’un homme vertueux a pour sonsemblable.

Milord Maréchal fut aussi très-long-temps à Rome auprès duPrétendant, qui lui donna l’ordre de la jarretière , décorationdont il n’osait guère se parer qu’à la très-petite cour de ce prince;partout ailleurs il lui paraissait peu convenable d’exposer à desplaisanteries indécentes ce triste présent d’un roi qui n’avait pul’être. Il faut, disait-il, renoncer, sous peine de ridicule, à cesvains ornentens, lorsque celui de qui on les tient n’est pas enétat de les faire respecter.

Son amour pour la liberté, et le besoin qu’il avaittle le satis-faire, n’étaient pas la seule raison de ses fréquens voyages.Souvent ils avaient pour objet des négociations secrètes, tou-jours dirigées, quoique sans effet, au bien de la cause quilui était si chère. Mais plus de trgnte ans avant sa mort il brûlatous ses papiers, et les détails intéressons de ces négociationsresteront à jamais inconnus. Il semble qu’il ait voulu forcer lesamis qui lui survivraient, à garder sur lui, après l’avoir perdu,le silence rigoureux et modeste qu’il s’était lui-même imposépendant sa vie.

Au milieu de toutes ses courses, son goût pour l’Espagne l’yramenait toujours ; il en aimait le beau climat, et surtout enchérissait le peuple, à qui il trouvait un caractère de noblesse