7io NOTES SUR L’ÉLOGE
(3) On sait que le roi d’Angleterre, Jacques II, était en effet jésuite,ainsi que l’ont été quelques autres souverains, qui n’ont pas rougi dese dégrader par une si imbécile superstition. Jean III, roi de Portu-gal, était jésuite, en avait fait les vœux, obéissait au provincial,faisait tous les ans sa retraite, et avait obtenu ^pense du pape pourgarder sa couronne. On le voit à Lisbonne sur son tombeau , habilléen jésuite. Maximilien, duc de Bavière, se fit jésuite, et est mortjésuite. (U oyez le Longueruana , tome I, page 173 .) Nous nous croi-rions coupables d’ajouter ce que les réfugiés français ont osé imprimerà ce sujet contre.la mémoire de Louis XIV, et qu’il faut repousseravec indignation.
(4) Da«s cette malheureuse guerre d’Ecosse, si funeste au Préten-dant, milord Maréchal était secondé du duc d’Ormond, qui avaitcommandé en Flandre les armées de la reine Anne, et qui, commelui, était dévoué à la maison de Stuart. Le secours d’Espagne était desix mille hommes , avec des armes pour trente mille. Il ne put arriverque trois cents hommes ; mais ils apportèrent avec eux beaucoupd’armes, de munitions, et même un peu d’argent, dont on avaitencore plus de besoin. Une armée de montagnards, rassemblée parmilord Maréchal, proclama roi, dans Edimbourg, le Prétendant,sous le nom de Jacques III. Mais cette armée était trop faible pours’opposer à toutes les forces de l’Angleterre, et une bataille perdue larendit absolument inutile.
Long-temps avant de se mettre à la tête des Ecossais, et dans le mo-ment même où le roi George 1 était monté sur le trône d’Angleterre, mi-lord Maréchal s’était retiré dans sa patrie, et avait abdiqué sa place decapitaine des gardes, voulant bien, disait-il, garder un roi, mais nonpas un usurpateur ■ car tel était à ses yeux le nouveau monarque,malgré les droits qu’il prétendait avoir au trône, ayant été appelé parla nation même à la succession des Stuarts, déclarée vacante; discus-sion délicate , et que la philosophie doit s’interdire, si elle ne veutdéplaire ni aux rois, ni aux peuples.
La vie obscure et triste que le Prétendant vint mener à Rome aprèscette guerre malheureuse, et les faibles efforts que les ennemis de l’An-gleterre ont faits depuis, à diverses reprises, pour le rétablir, nous rap-pelle un passage curieux de Tacite, qu’on pourrait assez bien appli-quer à ce prince. Il s’agit de Maroboduus, roi des Suèves, qui, détrônépar ses sujets, s’était réfugié chez les Romains : On garda, dit l’his-torien, Maroboduus à Ravenne ; et quand les Suèves nous insultaient ,on leur montrait ce fantôme de roi dont on les menaçait ; mais pendantdix-huit ans il ne sortit point de l'Italie, et il y vieillit obscurément,l’amour de la vie lui ayant fait perdre sa gloire ‘.
Ce prétendant au trône d’Angleterre, fils du coupable et malheu-reux Jacques II, n’était appelé roi qu’à la seule cour du pape, qui
* Et Maroboduus quidem llavennœ habitus, si quando’ insolescerentSuevi, quasi rediturus in regnum ostentabatur ; sed non excessit Ilalid perduodeviginli annos, consenuitque multhm imminuid claritatc ob nimiamvivendi cupidinem.