DE MILORD MARÉCHAL. 7 n
lui devait bien ce futile dédommagement des sacrifices que la maisonStuart avait faits à l’église romaine; partout ailleurs il n’était connuque sous le nom de chevalier de Saint-Georges.
(5) Le général Keith, frère de milord Maréchal, ne l’avait pasquitté pendant la guerre d’Ecosse, et s’embarqua avec lui pour l’Es-pagne. Milord Maréchal, en refusant pour lui-même le titre delieutenant-général, ne voulut accepter pour son frère que celui delieutenant-colonel. Le roi d’Espagne lui avait donné et remis à sadisposition des lettres de lieutenans-généraux de ses armées, et detous les grades inférieurs, avec un plein pouvoir d’en remplir le blancdu nom des personnes dont il ferait choix. Il distribua tous ces em-plois avant d’arriver d’Ecosse en Espagne ; et dans cette distributionil se montra si juste, que personne ne fut mécontent; ce qui faitpresqueautant l’éloge de ses compagnons d’armes que le sien; car il est bienrare de satisfaire les prétentions, quand on se borne à n’être que juste.
Dans le temps où il sollicitait des secours pour le Prétendant, ilavait passé quelques mois en France, où il s’était fait des amis ; peut-être , après sa proscription en Ecosse, se serait-il attaché à cette puis-sance , s’il ne l’avait trouvée en ce moment trop contraire auxdéplorables Stuarts, car elle se liait alors avec la maison d’Hanovre;et il ne voulait , disait-il, servir ni cette maison, ni ses alliés. Cettealliance, qui en demeura presque au projet, fut très-passagère, ettout rentra bientôt dans l’ordre accoutumé , puisqu’il est dans l'ordreque deux nations puissantes et voisines soient ennemies.
( 6 ) Dans l’expédition de i 7 44> qui ne fut malheureusement qu’enprojet, milord Maréchal devaÿ avoir à la fois le bâton de général aunom du roi Jacques III, et des lettres de commandement du roid’Espagne sur les troupes que cette puissance promettait d'envoyeren Angleterre. Ce dernier titre, qui l’attachait à un service étranger,le mettait à l’abri du prétendu crime de lèse-majesté envers le roi dela Grande-Bretagne ; mais le premier l’exposait à être accusé de hautetrahison envers sa patrie. Cependant il ne voulut accepter le titre quipouvait le mettre en sûreté, qu’en y joignant celui qui le mettaiten péril, mais qui était le plus cher à son cœur, et le plus conformeà son courage.
Le chevalier de Saint-Georges, que ses partisans d’Ecosse avaientappelé roi, et au nom duquel devait commander milord Maréchal ,était, comme on l’a vu, retiré à Rome depuis environ trente années:ce ne fut paî ce prince qui vint se mettre à la tête des Ecossais, quoi-qu’il n’eût que cinquante-quatre ans ; il leur envoya a sa place sonfils aîné, qui se comporta dans cette guerre avec beaucoup de cou--rage, et qui depuis a vécu plus infortuné et plus ignoré que son père.On sait que son frère, le cardinal d’Yorck, ne pouvant espérer de sefaire roi, s’est fait prêtre, et a renoncé pour la pourpre romaine àses prétentions au trône britannique.
( 7 ) Les circonstances de cette expédition, ou plutôt de cette mal-