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Tome troisième.
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"i? NOTES St;n L'ÉLOGE

heureuse entreprise, sont assez curieuses et assez peu connues pourmériter ici quelque détail. L’armée française qui devait porter le Pré-tendant en Ecosse, était à la rade de Dunkerque, et presque tout-à-fait embarquée, lorsqu’une tempête la lit échouer sur les dunes. LaFrance, qui n’avait que quatre vaisseaux de ligne, était persuadée quecelle d’Angleterre ne serait pas assez tôt prête pour s’opposer à ladescente; elle ne l’était que trop, et nous attendait à l’embouchurede la Tamise, forte de seize vaisseaux et de plusieurs frégates. MilordMaréchal en était instruit par un vieux marin français, qui, montésur un petit esquif, allait nuit et jour à la découverte par ses ordres.Le ministre de France fut averti que les Anglais étaient en état des’opposer à nos faibles efforts, et de les rendre inutiles ; mais se liantaux avis trop peu fidèles qu’il croyait avoir d’ailleurs, il répondit,que sans doute une terreur panique avait fait prendre la flotte mar-chande des Indes pour celle de Portsmouth. Cependant l’état de la flotteanglaise, envoyé à ce ministre par milord Maréchal, était appuyé dudétail le plus convaincant. On y spécifiait le nom de chaque navire ,celui du capitaine, la force de l’équipage ; et pour répondre au pré-tendu titre de flotte marchande , on ajoutait à chacun de ces vais-seaux, sous le titre de marchandise , le nombre des pièces de canondont il était armé. Le ministre rendit enfin justice à celte terreur qu’ilavait cru panique, et se vit forcé de renoncer à un projet aussi malexécuté que mal conçu. Le seul fruit de cette tentative fut d’obliger1 Angleterre à rappeler de Flandre une partie de ses troupes, ce quidonna au maréchal de Saxe le moyen de prendre Bruxelles au milieude l’hiver. La Flandre fut soumise, mais l’Angleterre fut sauvée ; et siles armes françaises se vengèrent avec gloire, le Prétendant ne setrouva pas mieux de ce succès, qui n’éÿiit pas pour lui.

(8) Le roi de Prusse avait décoré milord Maréchal du cordon del'aigle noir, qu’il porta , comme on peut le penser, de préférence àl’ordre du Prétendant. Quelque peu sensible qu’il fût aux dignités dece monde, il ne pouvait qu’être touché d’une marque d’honneur, qui àla cour de ce prince n’est pas, comme dans plusieurs autres, une simplerécompense de courtisan ; mais il croyait en même temps pouvoir sepermettre de plaisanter quelquefois avec ses amis, sur l’excessivemultiplication de ces rubans de toutes les couleurs , c’était son expres-sion, qu’on rencontre aujourd’hui à chaque pas d’un bout de l’Eu-rope à l’autre. C’est, disait-il, une marchandise que l’adresse des rois etla vanité des sujets a fort achalandée, mais dont l’abondance a faitbaisser le prix. 11 observait en philosophe, tantôt les^notifs assezétranges qui avaient fait instituer quelques uns de ces ordres, parexemple, l’origine très-peu respectable, quoique très-galante, des or-dres de la Jarretière et de la Toison d’Or, tantôt les noms bizarresdonnés à quelques autres, l 'éléphant, le bain, Yétoile polaire, etc. Onsait ce qu’un ambassadeur de Danemarck à la cour de France disaita un chevalier de l’ordre : Ce saint Esprit du roi mon maître est unéléphant.

(g) Il s’agissait, dans Cette violente querelle théoiogique, d’un mi-