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Tome troisième.
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7 14 NOTES SUR L’ÉLOGE

tion était toute dressée ; milord Maréchal la signa, ses biens lui furentadjugés et payés. On lui en apporta tous les actes, mais il mit à sonacceptation la condition expresse , que jusqu’à parfait paiement, lesrevenus seraient touchés par ceux qui avaient fait l’avanoe des sommesauxquelles ces biens s’étalent montés.

Il quitta ses compatriotes les larmes aux yeux, ponr retourner au-près du prince dont les bontés si multipliées l'attachaient de plus enplus à sa personne ; mais il ne pouvait l’aller retrouver sans passer surles terres des puissances qui étaient en guerre avec lui; et malgré laconsidération personnelle que milord Maréchal s’était acquise, mal-gré les amis qu’il avait dans les différentes cours de ces puissances, ilne put jamais obtenir le passe-port dont il avait besoin : # tant le nomseul de Frédéric, et de tout ce qui lui appartenait, épouvantait en-core , malgré les malheurs que ce prince avait essuyés. Milord Maré-chal fut obligé d’attendre , pour le revoir, que les préliminaires depaix eussent rendu les passages libres.

(n) Tout Paris a été témoin en 1747, que dans le même temps oùles malheureux partisans du prince Edouard étaient livrés au sup-plice en Angleterre, lorsqu’on recevait à chaque courrier la nouvellede quelque tête coupée pour sa cause, il se montrait tous les joursaux promenades et aux spectacles. La nation française était d’autantplus affligée de l’y voir, qu’ayant d’abord admiré son courage, elleavait pris à sa personne et à ses malheurs le plus vif intérêt. On assurequ’un véritable ami de ce prince ne lui laissa pas ignorer l’opinionpublique sur son affligeante apathie pour tant de sujets fidèles et in-fortunés. Nous n’osons rapporter la réponse qu’on lui attribue; nousne voulons pas même la croire.

(12) Outre mademoiselle Emeté, le général Keith avait donné à sonfrère un Tartare nommé Ibrahim, et un jeune Calmouk nommé Ste-pan, qu’il avait pris à la guerre. Milord Maréchal donna de son côtéau général Keith un jeune Nègre qu’il tenait du comte Daydie son amiet son compagnon d’armes au service d’Espagne. Il assura cinq centslivres de rente à Ibrahim et à Stepan ; il en donna autant au jeuneNègre, qu’il retrouva après la mort du général Keith, et qui, pendanttoutes les campagnes de son maître, l’avait fidèlement servi, parta-geant avec courage ses fatigues et ses dangers.

La bonté de milord Maréchal s’étendait sur les animaux aussi bienque sur les hommes; il ne la refusait qu’aux insectes nuisibles. Il nevoulait pas que les animaux qui habitaient sa maison fussent plusesclaves que ses domestiques : Liberté, liberté, était son cri généralpour tout ce qui respire.

En exerçant sa bienfaisance , il aimait à converser avec ceux quien étaient l’objet, de quelque état qu’ils fussent , et leur montraitcette douce familiarité , plus chère au peuple que la bienfaisancemême. Un de ces pauvres étrangers qui vont de campagne en cam-pagne vendre leurs marchandises , lui présenta un jour sa boutique ;milord Maréchal l’acheta toute entière et lui donna un louis de plus.