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Tome troisième.
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I)E MILORD MARÉCHAL. 717

Vous ne méritez pas qu'on vous protège , à moins que vous ne met-tiez autant de douceur évangélique dans votre conduite , qu'il y règnejusqu'à présent d’esprit de vertige , d’inquiétude et de sédition. A Post-dam, le 26 février 1766 .

Frédéric..

A ce peu de lignes tracées par le monarque , était jointe la décla-ration suivante :

Le roi , sur le très-humble mémoire de la compagnie des pasteurs dela souveraineté de Neufchâtel et de Valengin, concernant les prétenduesatteintes données depuis quelque temps aux droits et privilèges dontelle doit jouir ainsi que ses membres, ordonne de répondre , que samajesté , loin d’acquiescer à la très-humble demande de la compagnieà ce sujet, ne peut s’empêcher d’être très-mal satisfaite des procédésinquiets, turbulens et tendons à sédition , que lesditspasteurs ont tenuscontre un homme que sa majesté honore de sa protection.

C’était aux sollicitations de milord Maréchal auprès du roi dePrusse, que le philosophe de Genève était redevable de cette ré-ponse du monarque à ses absurdes persécuteurs. Il est triste qu’aprèstant de marques d’estime et d’intérêt données à Rousseau , le bien-faisant et paisible milord , qui aurait pu s’attendre à l’amitié , n’aitpas même éprouvé la reconnaissance.

(. 1 5 ) Milord Maréchal avait pris beaucoup de part à la querelle tropaffligeante et trop connue, faite à M. Hume par Rousseau. Le res-pect que nous devons à la vérité et à la mémoire de M. Hume , nousoblige de dire que l’équitable milord donnait à Rousseau le tortqu’il avait si évidemment, aux yeux même de ses partisans les pluszélés. Milord Maréchal conserva soigneusement toute la correspon-dance qu’il avait eue à ce sujet avec ces deux illustres écrivains , etque peut-être il faudrait supprimer, pour l’honneur du philosophegenevois , si celui du philosophe écossais n’y était pas intéressé. Unepersonne très-estimable, que milord honorait avec justice de souamitié et de sa confiance, nous a écrit ces propres paroles : Milordm avait donné sa correspondance avec Rousseau, en me recommandant

de ne l’ouvrir qu’après sa mort . Je dois rendre cette justice à sa

mémoire, que malgré les justes sujets de plainte qu’il avait contre Jean-Jacques, jamais je ne lui ai entendu dire, un mot qui fût à son désavan-tage ; il me montra seulement la dernière lettre qu’il en reçut , et meconta historiquement l’affaire de la pension. Cette lettre , ajoute lamême personne, était remplie d’injures. Il faut , dit le bon milord enla recevant, pardonner ces écarts à un homme que le malheur rend in-juste, et qu’on doit regarder et traiter comme un malade. Aussi par-donnait-il si bien à Rousseau, que par son testament il lui a légué lamontre qu’il portait toujours ; elle a été envoyée à sa veuve.

(16) La haine de milord Maréchal pour les détracteurs de l’illustremonarque à qui il était attaché par sentiment et par reconnaissance,prouvait assez que l’indulgence qu’il avait d’ailleurs pour les fautes