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Tome cinquième.
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AVEC VOLTAIRE. 79

commun , et la philosophie jugerait que la société de Jésus etl’ordre du parlement ont tous deux raison.

Je ne sais ce qui arrivera du Laquais de Vénus ; j’ai bienpeur que ce ne soit un laquais de louage, qui ne lui restera paslong-temps, d’autant que ledit laquais n’a pas suivi sa maîtressedans son passage sur le soleil. Si Fontenelle n’était pas mort, ilvous dirait là-dessus les plus jolies choses du monde ; par exem-ple, que Vénus a trop de satellites sur la terre pour en avoirbesoin dans le ciel ; et que les vieux galans qui ne peuvent pluslui faire leur cour , regretteront le temps où Vénus se promenaittoute seule dans le ciel,

Sans laquais, sans ajustement,

De ses seules grâces orne'e, etc.

Son chancelier Trublet vous en dira davantage , pour peu quevous vouliez savoir le reste. Je vous dirai moi, plus sérieuse-ment , que nous attendons les observations faites aux Indes eten Sibérie , pour savoir , par la comparaison avec celles deFrance, à combien de postes nous sommes du soleil ; et s’il nousfaut quelques jours de plus ou de moins pour y arriver, que nousne l’avons cru jusqu’ici.

Je n’aurai pas besoin d’ameuter l’Académie Française surl’édition de Pierre Corneille ; il n’y a aucun de nous qui ne sefasse un plaisir et un devoir de souscrire , et quelques uns mêmepour plusieurs exemplaires. Cette entreprise fera beaucoup d’hon-neur à l’entrepreneur, à l’Académie et à la nation ; et je meflatte quelle avertira enfin l’Académie de ce qu’elle doit faire,de donner des éditions grammaticales des auteurs classiques.

Adieu , mon cher maître ; que le ciel vous tienne toujoursen joie ! IN’oubliez pas vos amis et vos admirateurs ; je me flatteque vous me comptez parmi les premiers , et je prends la libertéde me mettre parmi les seconds. Je ne sais pas s’il en est demême du professeur Formey, et s’il prendra cette qualité dansses lettres aux journalistes, et dans sa bibliothèque partiale ,toute impartiale qu’elle prétend être. Vole iterum.

Paris, 8 septembre 1761.

Jf, ne sais , mon cher maître, si vous avez reçu une lettre queje vous écrivis, il y a quelque temps, de Pontoise. Je vous yparlais, ce me semble, de votre édition de Corneille, etdel’in-térêt que j’y prenais comme homme de lettres, comme Fran-çais, comme académicien, et encore plus comme votre con-frère , votre disciple et ami. Depuis ce temps , nous avons reçu