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Tome cinquième.
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86 CORRESPONDANCE

pas bien , et qu’il avait eu raison de jeter quelques doutes sur sa

santé.

Admirez , mon cher philosophe , combien la raison gagne deterrain ; cet ennemi de la persécution, qui travaille si bien à larendre ridicule, est un prêtre , ci-devant théologien ou théolo-gal de VEncyclopédie , qui nous a donné pour cet ouvrage l’ar-ticle Figure , où vous verrez entre autres que S. Ambroise ouS. Augustin ( je ne sais plus lequel ) compare les dimensionsde l’arche à celle du corps de l’homme , et la petite porte del’arche au trou du derrière ; c’est un beau passage qui vous aéchappé dans votre chapitre sur les allégories.

Comme il faut encourager les gens de bien , écrivez-moi , jevous prie, un mot d’honnêteté pour cet honnête ecclésiastique ;il le mérite par son zèle pour la bonne cause , et par son respectpour vous.

Je ne sais si je vous ai prié de remercier M. le chevalier deMolmire de ses Etrennes aux sots, et M. le rabbin Akib de sonsermon. Je vous prie de leur dire à l’un et à l’autre que si l’uns’avise encore de prêcher, et l’autre de donner des étrennes , ilsn’oublient pas de m’en faire part.

Nous continuons à lire vos remarques sur Corneille , et nousvenons de finir ïléraclius. Je prends la liberté de vous répéterà ce sujet ce que vous m’avez déjà permis de vous dire ; ne cri-tiquez Corneille que lorsque vous aurez deux fois raison ; il a unnom très-respecté , il est mort ; voilà déjàune raison bienforte (jene vous dis pas bien bonne) en sa faveur. Vous savez mieux quemoi que , dans un genre tel que celui du théâtre , dont les règlesrenferment beaucoup d’arbitraire , on peut condamner et justi-fier presque tout; et pour peu que Corneille soit justifiable pardes raisons telles quelles , dans les endroits où vous l’attaquez,vous êtes sûr d’avoir contre vous les pédans et les sots , qui dé-chireraient Corneille s’il n’était pas mort, et qui seront bienaises de vous déchirer parce que vous êtes vivant. Attendez-vous, par exemple , au mal qu’ils diront de Zulime. Je ne feraipas chorus avec eux , car cette pièce m’a fait beaucoup de plai-sir , au moins dans le rôle principal ; j’j trouve la passion bienressentie, bien exprimée et bien différente de cet amour de ruellequi affadit notre théâtre.

Si par hasard vous connaissez l’auteur de VÉcueil du sage,dites-lui aussi, je vous prie , que son ouvrage m’a fait plaisir,qu’il est surtout très-moral, et par cette raison digne de resterau théâtre ; que le troisième et le quatrième acte sont excellens,qu’il y a dans les autres des scènes fort agréables, et des détailsfort intéressans. J’y voudrais un autre cinquième acte : la pièce