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Tome cinquième.
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3 :* CORRESPONDANCE

pour demander que le pays de Gex oh il habile ne soit plus dé-voré par les financiers ; et il a obtenu cette grâce , qui fait eilmême temps l’avantage du roi et celui du peuple. Du reste , ilse porte bien , et j’espère que, malgré son âge de quatre-vingt-deux ans , les lettres et l’humanité le conserveront encore. Quelleperte, sire, comme l’observe très-bien votre majesté, quandnous aurons le malheur de la faire! J’en détourne ma pensée ,et quand je dis tous les matins , comme je le dis depuis deuxans, Domine, salvum fac regem, j’y ajoute un mot de prièrepour un autre roi, que je vous laisse, sire, à deviner, et unpetit oremus pour le philosophe de Ferney.

Puisque votre majesté veut bien avoir quelque égard à la re-commandation que j’ai pris la liberté de lui faire pour M. Bé-guelin, je prends celle de lui demander de nouveau ses bontéspour cet homme de mérite, lorsqu’elle trouvera occasion de leslui faire éprouver.

Je lui demande aussi les mêmes bontés pour M. d’Etallonde ret avec d’autant plus de confiance , que je sais combien votremajesté y est disposée, et combien ce jeune homme le mérite.Votre majesté a bien raison; on ne peut penser à l’affaire mal-heureuse de ce jeune homme, sans être en colère contre cespersécuteurs en soutane et en robe longue , dont le zèle cruel acausé son malheur.

Voilà nos messieurs du parlement qui recommencent leurtrain ; les voilà qui font de belles remontrances contre les éditsles plus justes, les plus faits pour soulager le peuple. Les voilàqui font brûler de plats ouvrages, oubliés depuis six ans, et àqui ils donnent de la vie par leur condamnation. Les voilà quipoursuivent un malheureux auteur, parce que son libraire n’apas voulu donner pour rien , à un sot janséniste du parlement,toute l’édition d’un livre ignoré, mais qui déplaît à ce plat jan-séniste, quoique revêtu d’une approbation. Enfin les voilàqui commencent à nous faire regretter la cuisine de Meaupou.Du moins ces bonnes gens d’alors avaient le mérite de ne riendire.

Il me semble que les affaires des Anglais vont mal en Amé-rique. Quoique une guerre à deux mille lieues m’intéresse moinsque celle de 1756 , j’ai toujours peur que cette tache d’huile 11es’étende et ne nous arrive. J’ai besoin d’être rassuré par votremajesté sur ce fléau.

Notre littérature, toujours assez pauvre , l’est beaucoup en cemoment-ci. Il ne paraît rien qui mérite même la critique; etnous remplissons, comme nous pouvons, les places vacantes àl’Académie Française, de la même manière que le festin du