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Tome cinquième.
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384 CORRESPONDANCE

verain, comme le dit votre majesté, de se mettre lui et sesfidèles sujets, à la merci d’un jacobin. Oh ! que la gent sacer-dotale a bien su tout ce qu’elle faisait en instituant la confession !vivent les princes qui ne se confessent pas !

Voltaire n’a point de vache blanche , mais il a toujours grandpeur des gens qui font brûler les vaches. Je le crois cependantun peu tranquillisé en ce moment sur cette Bible expliquée etcommentée par les aumôniers de votre majesté, qui n’ont riende mieux à faire que de commenter la Bible’ pour d’autres,puisque votre majesté ne juge pas à propos de se la "faire expli-quer par eux. Mais j’apprends qu’il y a en effet un autre objetdont il est en ce moment très-aflligé , c’est que son établissementde Ferney lui devient très- à charge par le peu de secours qu’iltrouve jiour l’entretenir, depuis que M. Turgot n’est plus enplace ; il écrit à votre majesté quil <%ét ruiné; cela n’est pastout-à-fait vrai, et il a fait tant de bien à ses majheureux vas-seaux, que je serais très-fàclié que cela fût ; mais il est vraique plusieurs grands seigneurs sur lesquels il a des rentes , nejugent pas à propos de le payer, par exemple, monseigneur leduc de Bouillon, monseigneur le maréchal de Richelieu, etavant tout, monseigneur le duc de Wurtemberg. Il n’y a pas,dit-on, jusqu’à un fermier général qui ne se donne aussi les airsde faire banqueroute à ce pauvre vieillard, et de suivre lestraces des Wurtemberg, des Bouillon et des Richelieu. Oh!que votre majesté a bien raison sur les maux de toute espècedont est semée notre malheureuse carrière, et sur le bon sensde ces peuples d’Afrique, qui pleuraient la naissance des enfanset non pas leur mort! Tout ce que la philosophie peut nous direpour nous consoler, c’est que ces mots finiront, et qu’/7 vautmieux, comme on dit, tard que jamais. J’espère au moins,sire , que mes maux ne finiront pas sans avoir été adoucis par lebien que j’espère, celui de faire encore une fois ma cour àvotre majesté, et de lui renouveler tous les témoignages de latendre vénération avec laquelle je serai jusqu’à la fin de mavie, etc.

Palis, 28 avril 1777.

^iRF., M. de Catt a dû instruire votre majesté des tristes rai-sons qui ne me permettent pas d’aller mettre à ses pieds tous lessentimens de reconnaissance, de vénération et de dévouementque je lui dois. Je ne répéterai point à votre majesté ce détailaffligeant pour moi et ennuyeux pour elle. La situation oh jejne trouve est d’autant plus sensible pour moi, qu’assprément