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du Système de la nature, qui a bêtement avancé cette absurdité.Si ce mauvais philosophe avait lu YHistoire ecclésiastique , il yaurait vu que les prêtres , bien loin d’être le soutien des rois ,en ont été de tous temps les ennemis, qu’il n’a pas tenu à eux.que la maison de Bourbon n’ait été privée du trône qui lui ap-partenait légitimement, et.que s’ils disent aux rois que leurpuissance vient de Dieu, ce n’est pas qu’ils veuillent se soumettreà cette puissance, c’est au contraire pour soumettre les rois à laleur, puisqu’ils prétendent représenter Dieu sur la terre.
Paris, 1 juillet 1778.
Second P. S. Je relis ma lettre, sire, et je relis en mêmetemps, pour la vingtième fois, la vôtre, que je relirai encore, etqui serait bien digne d’être placée dans l’épitaphe de Voltaireau lieu de sa profession de foi. Je m’aperçois un peu tard queje n’ai pas répondu à l’article de cette excellente lettre, où votremajesté dit que peut-être le vieux patriarche vivrait encore,s’il était retourné à Ferney. Hélas , sire, je le crois comme vous-et je suis persuadé que la vie fatigante et agitée qu’il a menée àParis, a considérablement abrégé ses jours. J’étais fort d’avisqu’il retournât à Ferney au commencement de la belle saison,et qu’il allât y jouir paisiblement des hommages qu’il avait reçusà Paris. Mais sa nièce, qui s’ennuyait à Ferney, l’en a détourné,et plusieurs de ses amis ont pensé de même, craignant que s’ilretournait jamais dans sa retraite, les prêtres n’obtinssent unordre qui l’obligeât d’y rester. Ils avaient déjà cherché à luifaire une affaire sur son retour à Paris, disant qu’il y était venusans permission ; mais il a été bien vérifié qu’il n’avait jamaiseu de défense d’y venir, et on a pris le sage parti de le laisserjouir tranquillement de sa gloire. Pour moi, sire, quand j’ap-pris qu’il avait formé presque subitement le dessein de venir àParis, et qu’il était déjà en route, j’en fus très-afïïigé , ne dou-tant pas qu’il ne vînt y chercher la persécution et la mort. Je mesuis trompé , à ma grande satisfaction , sur le premier article ;et son apothéose si brillante et si solennelle m’avait consolé deson voyage; mais malheureusement je ne me suis pas trompéde même sur les suites funestes et irréparables de ce voyage im-prudent et précipité. Son médecin a dit que s’il était resté àFerney, il aurait pu vivre encore dix années. En effet, le prin-cipe de la vie était si fort chez lui, que son agonie a été longueet douloureuse. 11 avait encore à quatre-vingt-quatre ans toutle feu de sa jeunesse; et dans une de nos assemblées de l’Aca-démie , où l’abbé Delille lui lut une traduction en vers d’une