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Tome cinquième.
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AVEC LE ROI DE PRUSSE. 417

l’objet de la vénération publique, que ne l’est en ce momentvotre majesté, La France est peut-être de toutes les nations cellequi en donnerait à votre majesté les témoignages les plus vifs,tant l’enthousiasme que vous y excitez est prodigieux et univer-sel. On a dit, je ne sais pas pourquoi, que votre majesté vien-drait faire un tour à Paris. Elle y recevrait, j’ose le dire , leshonneurs du triomphe le plus complet dont elle ait jamais joui,et j’aurais le bonheur d’en être témoin avant de quitter ce tristemonde, qui dans cette circonstance me paraîtrait à bien justetitre le meilleur des mondes possibles. Mais je crains bien , sire ,qu’il ne me faille renoncer à ce doux espoir, ou plutôt à cettedouce chimère, comme je suis obligé de renoncer, au moinspour cette année, au désir que j’avais d’aller mettre encore unefois aux pieds de votre majesté tous les sentimens de respect etd’admiration dont je suis depuis si long-temps pénétré pour elle.La faiblesse de ma santé, qui devient plus grande de jour enjour, et qui ne me permet presque plus aucun travail d’esprit,et encore moins aucune fatigue de corps , me prive de cette sa-tisfaction si chère à mon cœur. Je m’en console , sire, autantqu’il est possible, en m’entretenant, avec tout ce que je vois , dela gloire de votre majesté, en me rappelant sans cesse avec laplus vive reconnaissance les bontés dont elle m’honore depuis silong-temps, et surtout en apprenant que sa santé est meilleureque jamais, et promet encore long-teinps à l’Europe l’exemplede sa vie , de sa gloire , de son génie et de ses vertus.

Je n’ose prier votre majesté d’interrompre quelques raomcnsses précieuses occupations pour jeter les yeux sur le volume d’é-loges académiques que j’ai eu l’honneur de lui envoyer. Elle yverra du moins, si elle daigne l’ouvrir, les témoignages les plussincères de la reconnaissance et de la vénération que je lui dois.Je ne sais par quelle fatalité elle a reçu ce volume si tard. J’aieu l’honneur de le lui envoyer au moment même de l’impres-sion ; il est resté contre mon espérance trois mois entiers à Berlin,* et n’a été remis à votre majesté qu’au moment de sou arrivée.C’est trop tard pour ce que je lui dois, mais c’est peut-être en-core trop tôt pour mon intérêt, et pour le jugement qu’elleportera de cette rapsodie, si elle daigne un moment s’en oc-cuper.

Votre majesté sait peut-être que l’Académie Française a pro-pose l’éloge de Voltaire pour le sujet du prix de poésie , et quej ai eu le bonheur de rendre hommage en cette occasion à lamémoire de mon ami, en augmentant ce prix du double. Nousallons lire et juger les pièces du concours; puissent-elles êtredignes du sujet ! Il ne nous resterait plus, sire, qu’un éloge à