4'S CORRESPONDANCE
proposer après celui-là; je le laisse à deviner à votre majesté’,et je voudrais bien que les circonstances nous permissent d’offrirà nos poètes un si beau sujet d’exercer leurs talens. ^
Votre majesté me fait l’honneur de me parler du buste deVoltaire. Ce buste , sire, est très-ressemblant, fait par un sculp-teur très-habile, et digne d’orner le cabinet de votre majesté, etmême la salle de son académie. Si votre majesté a quelquesordres à me donner à ce sujet, je les exécuterai avec autant dezèle que de plaisir.
Nous ne sommes pas , sire, aussi heureux que votre majesté ,de jouir des douceurs deda paix; nous nous contentons de ladésirer et de l’attendre. Puisse-t-elle bientôt se rendre à nosvœux.
Je finis en demandant pardon à votre majesté de l’avoir en-nuyée si long-temps de mon verbiage, en lui renouvelant tousles vœux que je fais pour sqii bonheur , pour sa gloire et pour saconservation , et en mettant à ses pieds tous les sentimensd’admiration , de reconnaissance et de vénération tendre etprofonde avec lesquels je serai jusqu’au dernier jour de mavie, etc.
Paris, ig septembre i--g,
iSire, j’arrive de la campagne, où j’ai été passer environ troissemaines pour me reposer d’un travail un peu forcé que les cir-constances où je me suis trouvé m’avaient obligé de faire; et jen’ai rien de plus pressé en arrivant que de répondre à la lettrepleine de bonté dont votre majesté m’a honoré, et dont je luirends les plus humbles et les plus tendres actions de grâce. Jesuis en même temps , sire , et assez bon Français, et assez sin-cèrement attaché à votre majesté, pour voir avec le plus grandplaisir les sentimens où elle est par rapport à notre ministère,et l’union qui paraît s’établir entre les deux cours. J’ai toujourspensé que l’alliance de la France avec votre majesté était l’étatnaturel de l’une et de l’autre puissance, qu’elle n’avait été pen-dant quelque temps interrompue , que par la haine d’une femmequi voulait se venger du juste mépris de votre majesté pour elle,et par l’ambition d’un prêtre bel esprit qui voulait être cardi-nal; et je vois avec grande joie qu’enfin la France peut direcomme Roxane :
Et que tout rentre ici dans l’ordre accoutume.
Les Français, sire, ne peuvent pas être vos ennemis, commevous ne voulez pas être le leur. Indépendamment des interets