6
INTRODUCTION.
force ne peut plus prévaloir contre lui. Un peuplus tôt, un peu plus tard, toutes les tentatives,toutes les luttes ont, à un jour donné, une issuefatale. C’est écrit.
De 1789 à 1792, trois ans avaient passé dansla perpétuelle illusion des gens de bien, quifaisaient faire chaque jour à la monarchie cons-titutionnelle un pas de plus vers la républiqueet la démagogie, sans vouloir ni de la démagogie,ni de la république. Ce système fit ses ravagesnécessaires. La dissolution politique et sociale allacroissant. Bientôt les factions elles-mêmes trem-blèrent de l’avenir qu’elles commençaient à voirouvert devant elles. Les Girondins n’étaient pasencore maîtres pleinement de la France, et ilss’effrayaient déjà de trouver des maîtres, à leurtour, dans les furieux qui les débordaient. Unjour l’évêque Lamourette monte à la tribune. Ilexpose que ce qui fait tout le mal de la patrie,ce sont les dissensions civiles ; c’est le vœu desuns pour l’établissement des deux chambres,l’inclination des autres pour l’abolition de laroyauté. Il démontre que si chacun renonçait à sachimère, c’en serait fait de toutes les discordes ,et que l’on aurait l’âge d’or. Il propose, en consé-quence, de décréter l’anathème, à l’unanimité,contre la république à la fois et contre le systèmedes deux chambres. C’était l’idéal du juste-milieu.La proposition, faite avec onction, est accueillie