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Vingt mois ou la révolution et le parti révolutionnaire / par N.A. de Salvandy
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INTRODUCTION.

libre imparfait des pouvoirs, par une délimita-tion mauvaise de la prérogative, par l’impuis-sance enfin de la royauté, toutes choses quiauraient pu en effet tuer la royauté la plus popu-laire, la plus bienveillante, la plus habile. Non !Plus profond était le mal. Le vice ne résidait pasuniquement à la tête de l’Etat ; il était aussi dansles entrailles de la société, il était dans l’espritqui avait dicté les lois de toute cette démocratieroyale. La vieille couronne d’Angleterre, à toutprendre, ne s’enorgueillit pas de beaucoup plus defleurons que la couronne remaniée de Louis XVI,roi des Français. Mais la couronne d’Angleterrepossède, dans l’état social des Anglais, des bou-levards puissants, et la nôtre n’en trouvait nullepart. Une royauté, qui n’avait point de garan-ties, reposa sur une société qui n’en avait pluselle-même, qui allait être aussi mobile que lessables d’Afrique, aussi friable sous le souffle desouragans. La révolution, qui fonda cette sociétéorageuse, eut le tort de l’asseoir sur des principessubversifs. Elle appela les masses, non à l’égalité,mais à la suprématie ; non à la liberté, mais à ladomination. C’est par là que l’édifice s’écroula.

Nul moyen ne s’offrait dès lors pour donnerà cette domination terrible ni contre-poids, nibarrière. C’était vouloir un torrent sans digues,un océan sans rivages. Par une loi de sa nature,il devait être furieux, indomptable, destructeur,