PRINCIPES GÉNÉRAUX.
3 9
nomme en conséquence des garanties, appartien-nent à la nation; ils constituent la liberté publi-que. Ainsi, la liberté individuelle; la liberté deconscience; la liberté d’enseignement, en ce quitouche le droit sacré du père de famille à la direc-tion spirituelle, morale, intellectuelle de son en-fant; la liberté de la pensée, en tant que facultéreconnue à chacun de publier sa plainte, son opi-nion, son vœu par la voie de la presse; enfin,toutes les libertés civiles sont des droits. Les fonc-tions électorales, au contraire, sont un pouvoirpuisqu’elles constituent la participation à la puis-sance législative par l’unique moyen qu’ait ungrand peuple de l’exercer, par la représentation.Un citoyen est libre quand il jouit des immunitésnécessaires à son indépendance et à sa sécurité,en vertu des lois. Une nation est libre quand elleparticipe à la puissance souveraine par des corpset des procédés qui sont les gardiens de toutesles immunités légales. Dans la monarchie prus-sienne, les sujets ont des franchises étendues (1);mais elles sont garanties par les institutions moinsque par les mœurs, elles n’ont pas pour sauve-garde l’intervention du pays dans la conduite desaffaires publiques : là, les citoyens sont libres,d’une liberté incomplète et précaire ; la nation nel’est pas. Dans la monarchie anglaise, l’aristocratie
{{) Ceci est écrit en 1834.