LIVRE PREMIER.
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fait contre-poids au pouvoir royal par les deuxChambres : elle met ainsi à l’abri des empiètementsde la couronne les droits de tous. Là, les deuxlibertés fleurissent.
Or, nous prétendons que la perfection de l’or-dre politique consiste en ce que les libertés pri-vées, solidement garanties, soient à titre égal lepatrimoine de tous les citoyens. Cette situation est,Dieu merci, celle de la France; elle l’est, sansexception, à un degré de réalité et de généralitéinconnu à l’Angleterre et aux Etats-Unis, mêmesans parler de l’Irlande à propos de l’Angleterre,ni de l’esclavage à propos des Etats-Unis.
La perfection de l’ordre social consiste en ceque les pouvoirs constitutionnels dans lesquelsréside la liberté publique soient attribués par leslois ou par les mœurs à la partie éclairée des na-tions. Ils doivent s’appuyer tous à la propriété,comme au roc qui brave les tempêtes.
Encore l’État chancelle-t-il, battu par tous lescourants de l’opinion, si, parmi les pouvoirs cons-titutionnels, il n’en est pas qui soient permanents,pour être plus sûrement conservateurs ; ceux-là,en ayant leurs racines dans la nation plus profondé-ment encore que la pairie, trop artificielle et trop àfleur de terre, de la restauration, doivent s’appuyerà l’illustration comme à une garantie de plus hautenature que la richesse, comme à la plus noble età la plus inviolable des propriétés. L’illustration,