PRINCIPES GÉNÉRAUX. [fj
per aux tentatives et aux assauts de forces enne-mies , en y opposant l’action tutélaire de la forcepublique; maintenant, c’est contre le pouvoirmême, tel qu’il était institué jusqu’alors, que lasociété se prémunit. Elle craint l’usage qu’il peutfaire des forces dont elle l’avait armé pour sa dé-fense ; elle veut des sûretés contre lui, comme illui en donnait contre elle-même. En un mot,comme la société enfanta le pouvoir pour sa sauve-garde, la civilisation, pour la sienne , enfante laliberté. Mais cette liberté intelligente et sensée,n’entendra pas mettre à néant ce pouvoir sans le-quel elle n’eut jamais pris naissance, sans lequelelle ne vivrait pas un jour. Elle veut le partager,le diviser, lui créer des contre-poids, sans lui re-trancher des forces, instituer des ressorts nouveauxplus que briser les anciens ressorts. Elle 11e détruitpas le pouvoir; elle l’élève, elle le consacre, ellele complette.
Tels sont les gouvernements libres, républiques,ou monarchies constitutionnelles, peu importe!Tous consistent surtout en ce que la responsabilitéest instituée auprès de l’autorité, les moyens decontrôle auprès des moyens d’action, la pondéra-tion auprès de l’initiative et de l’unité réelles dupouvoir soigneusement maintenues. C’est pour celaque, près le trône du prince ou la chaise curuledu consul, s’élèvent ces trônes populaires qui,sous le nom de tribunes, lui serviront, selon les