LIVJIE PREMIER.
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temps, de barrières ou de remparts. On conçoitque si tout gouvernement est une machine diffi-cile, celui-là est plus difficile et plus compliquéqu’aucun autre : sa nature est de compter autantde contre-poids que d’instruments.
Cependant, le pouvoir doit y rester fort, autantet plus qu’ailleurs ; car il a exactement à remplirla même mission conservatrice et tutélaire que dansles autres gouvernements , avec plus d’entraves etplus de rouages, plus d'obstacles et plus de périls.
Les périls naissent du soulèvement opiniâtredes passions; les obstacles, du contrôle malveil-lant et des résistances actives de la foule ; les en-traves , de la division et de la lutte intérieure desdiverses branches de la puissance souveraine.
Dans ces conflits, la tribune domine-t-elle ? l’É-tat tombe dans l’anarchie. Qu’elle plie et s’abaisse,il retourne au despotisme. Dans tous les cas, l’é-quilibre entre le pouvoir et la liberté est renversé ;la Constitution de l’État périt.
Et ce n’est pas tout : la constitution même dela société court aussi des hasards.
Toutes les déclamations philosophiques, quicommencèrent dans le dernier siècle par des so-phismes et finirent par des crimes, ces déclama-tions , qui ressortent aujourd’hui de dessous lescrimes avec les mêmes sophismes et le même cor-tège, n’empêcheront pas un fait éternel qui esttoute la nature de l’homme : c’est qu’il y a dans