LIVRE PREMIER.
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fut inventée ; c’est pour conserver tout ensembleet améliorer les sociétés, pour agrandir, pour dé-fendre, pour glorifier les Etats. Ellen’a mission qued’astreindre le pouvoir à parfaire sa tâche bienfai-sante, et à s’y renfermer. Elle est mise au mondepour le régler, point pour le renverser. Toute tri-bune doit donc, non pas le battre en brèche, maisrassurer, en le défendant de lui-même, de ses éga-rements , de ses excès. A qui livrer dès-lors cettecitadelle redoutable, ce capitole politique, sinonà une élite des citoyens, à ceux qui sont intéressésà maintenir la Constitution régnante, et qui sau-raient au besoin la fortifier? Aussi divise-t-on d’or-dinaire cette puissance vraiment tribunitienne endeux chambres, précisément pour pouvoir étendreses bases sans danger. Qu’on l’attribuât à des classesqui risquent toujours d’être ennemies du pouvoir àun double titre, et parce que c’est surtout pour lestenir en bride qu’il a été inventé , et parce qu’ellessont également inhabiles ou à comprendre toutesa mission ou à la remplir elles-mêmes, il est ma-nifeste que la liberté ainsi pratiquée, loin d’amé-liorer le sort des hommes, ne fera que le corrompreet l’aggraver. Au lieu de leur assurer des trésorsnouveaux, elle renversera les barrières qui gar-daient leurs richesses éternelles. L’ordre, le bien-être , la prospérité publique disparaîtront, entraî-nant h la longue la civilisation dans leur chute ;