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Vingt mois ou la révolution et le parti révolutionnaire / par N.A. de Salvandy
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LIVRE PREMIER.

même de la société, sous la sanction des siècles.Il n’a qu’un réformateur légitime, c’est le législa-teur qui le fonda ; c’est le temps. Car le tempsseul assure aux modifications qu’il opère l’assen-timent successif des générations intéressées. Ilne fait passer dans les lois que les changementsaccomplis dans les mœurs , et il n’accomplit pasdans les mœurs et les esprits une révolution qu’ilne manifeste et ne réalise bientôt dans le gouver-nement tout entier. Il fait ainsi, d’une longue suitede transactions successives entre tous les intérêtset entre tous les âges, le pacte permanent despeuples. Là est le droit.

L’ordre politique roule sur un principe fonda-mental : c’est que la force matérielle, par le faitmême de l’établissement de la société , a été so-lennellement abdiquée. L’Etat, qui est la sociétéconstituée, ne se conserve que par cette abdica-tion irrévocable, par le besoin de plier unique-ment devant une autorité légitime, devant destransactions régulières, devant un droit public,image plus ou moins imparfaite du droit absoluque la société conçoit et révère. Toute conjura-tion qui tente de substituer ses fantaisies particu-lières à la loi commune, quels que soient du resteses attributs et ses mobiles, ne fait autre chose quelever l’étendard de la rébellion contre la conditionessentielle de l’ordre politique, contre la garantie