PRINCIPES GÉNÉRAUX. 63
première de l’ordre social, qui est le règne dudroit et l’abjuration de la force.
Ce qui est vrai pour le corps entier du peuple,le sera, à plus forte raison, pour les partis. Laminorité peut réclamer le maintien du droitpublic, comme la majorité même. Il lie éga-lement le fort et le faible ; il appartient égale-ment à tous. Peu importent les formes, plusou moins spécieuses, plus ou moins menson-gères, au nom desquelles il serait violé. C’estvioler la conscience humaine. Que ce soit le faitdu prince, ou du peuple, il y a toujours tyrannie.L’intervention et la volonté actives du grand nom-bre ne seraient pas une excuse. Car le nombreserait la force encore : elle n’est point le droit.Elle n’est point la souveraineté. Il n’y a point desouveraineté contre ce droit suprême que nousavons dit. Il est la souveraineté même. Ce qui re-vient à dire qu’il n’y a d’autorité légitime, ni dansles majorités, ni dans le glaive, mais dans le droit,dans la justice : d’où il suit que les débats, quidivisent trop souvent les grandes familles politi-ques, n’ont qu’une conclusion équitable, les tran-sactions.
Maintenant, croiriez-vous assurer le contratsocial et ses règles souveraines, le droit, la jus-tice, les transactions, en concentrant le pouvoirlégal aux mains des classes qui ne savent que la