livre premier.
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force, et qui sont toujours prêtes, dans les dé-bats soit privés, soit publics, à faire intervenircet arbitre sauvage, pour vider leurs différends?
Donnerez-vous exclusivement à garder le dépôtdes intérêts moraux, celui des souvenirs, des re-nommées, des croyances, aux classes qui en sont en-core à vivre sans passé et sans lendemain, à cellesqui n’ont pas réussi à se donner par elles-mêmes,ni quelquefois à accepter des bienfaits de l’Etat,la prévoyance et les lumières, à celles que desinstincts étroits dominent trop souvent, à cellesqui vivent aujourd’hui, la plupart du temps, dansnos cités, étrangères à la foi et au culte de lapatrie ?
Préposerez-vous exclusivement au soin de con-server les richesses matérielles des nations et avanttout la propriété, les classes qui n’ont pas à con-server, celles dans le sein desquelles s’agitent,sous Faction de tant de ferments ennemis, des pas-sions envieuses et destructives ?
Non, non ! l’ordre ne peut pas fleurir à cesconditions. Le gouvernement des nations, quellesque soient les formes adoptées ( fut-ce celle dusuffrage universel), doit appartenir définitivementà la propriété et au savoir, à l’illustration, auxtalents, aux services, dernières noblesses incon-testées de l’âge indépendant où nous sommes. Larégion cjui comprend ces biens, peut seule exercerle pouvoir, parce qu’elle en fera un usage utile