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Vingt mois ou la révolution et le parti révolutionnaire / par N.A. de Salvandy
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LIVItF PIÎF.MfF.R.

toutes s’achève, se consacre sous nos yeux. Il fau-drait la bien reconnaître, se bien pénétrer des de-voirs qu’elle nous impose , avant de passer outre.

Serait-ce que, pourvues de l’égalité, en jouis-sant à l’ombre des lois, les masses sont déshéritéesde la liberté ? Non, sans doute. Les droits dont laliberté se compose , nous disons les droits , cesdroits augustes et sacrés, sont le patrimoine detous. Telle est la liberté de conscience; la libertédes cultes; la liberté individuelle ; la liberté de lapensée; la faculté donnée à chacun d’intervenirpar la presse, par lespétitions, par tous les moyensindividuels, sans avoir rien à craindre des hommes,sans rencontrer nul empêchement de la part deslois, dans les affaires de l’État. Ces droits dansnotre France appartiennent, ce qui ne s’est vunulle part sous le soleil, aux trente-deux millionsd’hommes qui vivent sous la même loi. M. deConstant avait donc raison de proclamer, l’unedes dernières fois qu’il ait tenu la tribune , que lemendiant même a des droits, et non pas seule-ment, comme il le disait, des droits privés. 11 ales droits civils de tous les Français ; il a leurs droitspolitiques. Mais il n’a pas le pouvoir politique;il n’a pas celui de l’élection; il n’a pas celui del’éligibilité, voilà le vrai!

Ajoutons que la France est le seul pays dela terre où la loi n’enchaîne par aucun lien le